Ce très bel
article sur un très grand homme suscite comme un malaise, un je ne sais quoi.
Une ode à l’Union
Européenne et son hymne à la joie ? Une UE qui aurait dépassé la
chrétienté et se serait convertie à une sorte de monothéisme à l’américaine, avec
son ersatz de foi obligatoire, qui n’est pas la vraie foi. Mais ça ne
fonctionne pas : Beethoven est puissant, l’UE est fade et impuissante.
Beethoven
est divin, mais autrement que Mozart ou Bach. Beethoven est humain, trop
humain, et n’atteint jamais à la divinité religieuse de ses deux compatriotes,
à la beauté absolue devant laquelle on se met à genoux, car il n’y a plus rien
à dire.
Voilà le
malaise, cette tentation de dénigrer Mozart et le divin religieux, absolu, indéfinissable,
qui se situe au-delà de la puissance beethovenienne.
Et cela va
bien avec la condamnation de l’absolutisme napoléonien, qui est au-delà de l’humain,
que notre bisounourserie moderne, notre fadasserie UE ne permet pas de
comprendre.
Au fond, sous couvert d’hommage à un génie, cet article est un programme politique. Tout est politique, comme on disait en 68.