« Dès que le christianisme s’institutionnalise, il se présente comme le
»Verus Israël", le véritable Israël, tandis que les apologistes
chrétiens reprochent aux Juifs de ne pas avoir reconnu la Nouvelle
Alliance. Se développe alors la théorie du « peuple déicide », fondement
de l’antijudaïsme doctrinal, les Romains étant absous de l’exécution du
Christ. Quand le christianisme devient religion officielle de l’empire
romain, l’idée du « juif incroyant » s’impose. Au VIIe siècle, la mention latine Oremus et pro perfidis Judæs
(Prions aussi pour les Juifs infidèles) est introduite dans la liturgie
du Vendredi Saint. Traduite dans les langues communes, l’expression
changera de sens : « perfidis » signifiera « perfides », « fourbes »,
« déloyaux »
...Pour Didier Luciani, membre de la Commission nationale des relations
entre Chrétiens et Juifs - qui dépend de l’épiscopat belge -,
l’antijudaïsme des Pères de l’Eglise peut être considéré comme le
berceau des antisémitismes modernes : "On ne peut exonérer la tradition
chrétienne d’une responsabilité dans la naissance de telles idéologies.
Les Pères de l’Eglise n’étaient pas d’odieux antisémites, mais
l’utilisation de leurs propos anti-judaïques a conduit à
l’antisémitisme."
Mais le sionisme ne date que du XIXème siècle, avant toute la théologie juive s’était construite sur l’idée de la diaspora et la culture était véhiculée par le yiddish.
https://www.levif.be/actualite/international/les-peres-de-l-eglise-ont-ils-nourri-l-antisemitisme/article-normal-395365.html?cookie_check=1622624268