Quoique Giuliano Da Empoli soit un
chien de garde de la bourgeoisie (qui veut qu’on reste sur un axe d’opposition
droite-gauche, et non élitiste-populiste, et donc occulter la lutte des classes, 16:34-18:30
et 35:40,alors qu’il reconnait la montée des inégalités sociales dans les sociétés,
à 13:23…), il raconte de façon intéressante que le succès populaire de Vladimir Poutine, comme de Joseph Staline à qui
il le compare, vient de leurs désignations d’« exutoire » (27:17 et
27:46), c’est-à-dire de boucs émissaires, sans qu’il emploie le mot, ni ne
mentionne René Girard : pour Poutine, il exemplifie avec le « miracle »
(24:35) de « l’effondrement à Moscou des tours d’habitations […] sur la
base de prétendus attentats tchétchènes » (24:56), « miracle auquel
Poutine répond avec une violence inouie » (25:28), « faite au nom du
peuple » (25:54), et « sa campagne contre les oligarques » (27:50) ;
pour Staline, avec « les violences, et les purges, et les procès
politiques » pour « punir les traitres du peuple » (26:46).
Citant Peter Sloterdijk, Da Empoli parle aussi
des anciens « grands partis de la gauche » (06:34) comme « banques
de la colère » (06:26) pour la « canaliser » (06:49),
vers « un projet de réinvestissement de cette colère sur un projet de
transformation sociale future » (06:40), ou en France du problème du
régime présidentiel qui « ne permet pas vraiment de défouler cette colère dans
des systèmes plus proportionnels ou plus parlementaires ».
« Populisme, autocratie et démocratie :
les nouvelles formes du politique », https://www.franceculture.fr/emissions/l-invite-e-des-matins/dans-l-ombre-du-pouvoir-avec-l-essayiste-guiliano-da-empoli-ancien-conseiller-politique-de-matteo-renzi).