Mearsheimer qui avait correctement prédit en 2015, que l’Ukraine serait transformé en champ de ruines grâce à nos conneries avait vu juste. Il ne voit aucune issue rapide à cette guerre pour des raisons trop évidentes. Les Russes sont le dos au mur et les USA ont transformé une « guerre civile » locale en conflit entre grandes puissances. Ils sont de fait co-belligérants et ne peuvent donc risquer de perdre la face, alors qu’en Afghanistan ils le pouvaient par ex.
Une défaite ukrainienne serait correctement perçue comme une défaite de l’OTAN et des USA dont ils sont le faux nez par le monde entier, avec des conséquences dramatiques. Ils se sont acculés à gagner contre un adversaire qui a un arsenal nucléaire sans équivalent. On se demande bien comment cela pourrait ne pas très mal finir.
L’Ukraine n’ayant ni les effectifs, ni les armes (en particulier les munitions), sa défaite est inéluctable sans intervention de troupes étrangères et une aide toujours plus massive en armements. Et échec après échec (il ne peut en être autrement) on dérive vers un affrontement direct USA/Russie sur le sol européen avec des proxies (Polonais par ex).
On a marché en aveugles vers une guerre sur le sol européen par idéologie hypocrite (jamais le Mexique ou Cuba ne serait autorisé à faire valoir un « droit » que les occidentaux estiment inaliénable pour l’Ukraine), provoquant un mouvement de plaques géopolitiques sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Le Donbass ne pouvait pas rester en Ukraine avec un régime d’autonomie relative garantissant une cohabitation pacifique avec les populations russes qui ont autant que les autres le droit de vivre où ils sont nés) donc on a agité la carotte de pseudo accords (Minsk) en trahissant une fois de plus la confiance que les russes pouvaient avoir en la parole des USA et de ses vassaux.
Une guerre à l’impact mondial était préférable à renoncer à intégrer un énième vassal des USA dans une organisation perçue comme hostile par la Russie.
Trouver un accord entre des gens qui veulent écraser géopolitiquement la Russie et des Russes qui n’accorde plus aucun crédit à la parole occidentale ? Il y a encore des rêveurs qui vont déchanter bien vite.
Mearsheimer avait raison : nous avons utilisé la Russie pour détruire l’Ukraine et nous tirer une balle dans le pied qui ne va pas cicatriser rapidement. Toute victoire hypothétique sera une victoire à la Pyrrhus, peu importe l’éventuel gagnant.
Cette guerre aura un impact planétaire durable et restera dans l’histoire comme une guerre mondiale d’un nouveau type, si bien sûr nous avons encore des historiens dans le futur pour en parler. Le pire est toujours possible avec la faune qui gravite autour de la Maison Blanche. Que les démissions se multiplient semble indiquer que du lourd se prépare.
Et bien sûr, n’étant pas plus en démocraties aujourd’hui qu’en 1914 ou 1939, nous n’avons pas notre mot à dire, pas plus chez nous qu’ailleurs.