@Jean Dugenêt
Dans votre propos, vous faites à l’évidence une fixation sur Poutine et vous démontrez que vous n’avez dès lors aucun discernement lorsque l’on vous lit.
Certaines des républiques de la Fédération de Russie jouissent d’une autonomie relative mais c’est loin d’être une indépendance.
La Tchétchénie d’aujourd’hui est sans doute la plus autonome, la Russie laisse Kadyrov libre d’y appliquer son pouvoir très autoritaire moyennant une allégeance à la Russie. C’est comme vous le dites à l’identique de ce que font tous les pays avec les pays qu’ils tiennent politiquement (en Amérique du Sud et centrale pour les américains, en Afrique pour la France, l’Angleterre, ...) même encore aujourd’hui. La France et globalement l’Europe reculent actuellement sur ce point mais le recul n’est pas volontaire. Seules les grandes puissances conservent encore ces tendances.
Pour les anciennes RSS beaucoup ont leur indépendance mais elles restent géographiquement dans une sphère d’influence, comme dit précédemment les grandes puissances font toute cela, enfin les USA et la Russie. Dès lors que vous êtes dans un périmètre d’influence d’une nation puissante, votre indépendance est certes actée mais vous n’allez pas titiller le puissant, toute l’histoire du monde met en évidence que cela tourne mal pour le plus faible car même aujourd’hui s’applique la loi du plus fort.
Ce que vous écrivez est réel sur les différentes régions de la Russie et la Fédération de Russie, il existe différentes cultures, différentes langues (même si le russe reste une langue officielle, il y en a d’autres qui reste aussi officielle alors qu’elles sont régionales), Il existe un grand nombre de religions, ... c’est un pays d’une grande diversité et tous les textes juridiques reconnaissent cette diversité.
Ayant pas mal travaillé en Anthropologie, même si ma formation de base est beaucoup plus scientifique, je considère que la richesse de l’humanité réside dans sa diversité, donc pour moi que la Russie reconnaisse les différences spécifiques de ses oblasts et des Républiques qui lui sont liées est une très bonne chose. Et cela je me fous de savoir si c’est Poutine ou un autre qui dirige le pays.
Si nous comparons avec la France, mon pays, pour moi qui ai vécu dans différentes régions limitrophes (Pays Basque, Catalogne et Alsace), le pouvoir central français tend à vouloir écraser les différences spécifiques, culturelles. Est-ce vraiment mieux ? Pour moi non, et les méthodes utilisées ne sont pas violentes mais sous-jacent il existe une idéologie totalitaire pour imposer l’homogénéité.
D’ailleurs je sens dans vos propos une forme de recherche d’universalisme, elle transpire dans vos textes. L’universalisme n’existe pas réellement, il pourrait exister que si les valeurs universelles sont déterminées par toutes les sociétés du monde, or c’est aujourd’hui 15% de la population mondiale (globalement l’Europe et l’Amérique du Nord) qui considère que sa pensée est universelle, c’est une prétention qui nous a poussé à faire nombre de guerres.
Je suis assez démocrate dans ma façon d’appréhender le monde. Si une nation est régi par un régime totalitaire c’est le problème de cette population, pas le mien. De quel droit devrais-je intervenir pour imposer ma façon de voir les choses, d’appréhender le monde. C’est cette forme de suprémacisme qui est contestable, je réfute aux autres de m’imposer leurs idées, de quel droit irais-je imposer les miennes chez d’autres.
J’ai pas mal voyagé dans le monde et cela m’a permis de voir des cultures totalement opposées à celles des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. La difficulté à laquelle sont souvent confrontés les pays croyant être plus avancés que les autres (scientifiquement, intellectuellement ou autre) c’est qu’ils pensent que les autochtones pensent comme nous alors que leurs pensées ne reposent pas du tout sur les mêmes bases. Les sciences cognitives nous apprennent cela, quand j’ai étudié les approches de Charles Sanders Peirce (Graphes existentiels) et de John Florian Sowa (Graphes conceptuels) pour approcher le traitement automatique des langues, il s’avère que l’apport de l’anthropologie est justement de bien comprendre que toute personne ne possède pas un socle commun de méta-connaissance qui permette l’interprétation unique (une vérité unique). En fait une vérité est une terminologie mais cela n’a aucun sens car la vérité n’existe pas vraiment. Seul existe un fait unique et un fait peut avoir une multitude d’interprétations. D’ailleurs avec les graphes j’ai pu mettre en évidence que la perception étant aussi influencée par les sentiments humains selon l’état d’une même personne à deux instants différents, la perception d’une même situation peut fluctuer.