Oserais-je rappeler que la Russie n’a jamais connu la démocratie excepté entre février et novembre (octobre dans le calendrier grégorien) 1918.
Que nous avons applaudi au dépeçage de son territoire historique quand nous n’y avons pas contribué (Kiev a quand même été, pendant des siècles, la première capitale russe). Ce sont bien les cosaques du Kazakhstan qui caracolaient en 1815 dans les rues de Paris, pourquoi une station de métro parisienne s’appelle-t-elle Réaumur-SEBASTOPOL ?
Que la ruée des intérêts occidentaux lors de la chute du régime soviétique, l’imposition à marche forcée d’un « libéralisme » mafieux (relire « La grande Désillusion » de Joseph E. Stiglitz"), a provoqué une chute de 40% du PIB et d’au moins 50% du niveau de vie moyen, accompagnés d’un chaos extrême (il y a eu bien plus de journalistes tués sous Eltsine par exemple).
Et que par voie de conséquence le peuple russe éprouve un énorme ressentiment à l’encontre de l’occident et une aspiration à un retour à l’ordre, fut-il autoritaire. Et Vladimir Poutine est bien obligé d’en tenir compte.
D’autant plus que nous ne sommes pas si bien placés que ça pour donner des leçons de démocratie, entre les « Patriot Acts » et les « plans vigiepirate », les dénonciations par la CNIL de la vidéosurveillance non surveillée, des échanges de fichiers entre banques, assurances, agences immobilières, des dynasties (voir les articles d’AgoraVox sur le sujet) héréditaires, des émissions de télé ou de radio comme des journaux qu’on musèle.
Mais bien évidemment ces choses se passent plus discrètement ici, dans le silence assourdissant des médias.
Quant à l’antisémitisme, il existe depuis des siècles en Russie, mais il n’est rien à côté de celui des polonais !