Tiens, à propos, qui a entendu parler d’un petit livre de Salvador Dali appelé « Les Cocus du vieil art moderne » ?
Il y démolit Picasso :
"Picasso qui a peur de tout, fabriquait du laid par peur de Bouguereau. Mais, lui, à la différence des autres, en fabriquait exprès, cocufiant ainsi ces critiques dithyrambiques qui prétendaient retrouver la beauté [...]
Depuis que le critique dithyrambique s’est mariée avec la peinture moderne, cette dernière n’a cessé de le tromper [...]
Pour que les forces vitalement hétérogènes et antiacadémiques de l’art moderne ne périssent pas dans le ridicule anecdotique du simple dilettantisme expérimental et narcissique, il faut trois choses :
1° Du talent et de préférence du génie (Depuis la Révolution française, se développe une vicieuse tendance crétinisante qui consiste à considérer les génies, à part leur oeuvre, sont en tout des êtres plus ou moins semblables au reste du commun des mortels. Cette croyance est fausse. Je l’affirme pour moi qui suis le génie moderne par excellence.)
2° Réapprendre à peindre aussi bien que Velasquez et de préférence comme Vermeer.
3° Posséder une cosmogonie monarchique et catholique aussi absolue que possible et à tendances impérialistes
Voilà ce que Dali disait à propos de l’art moderne à la Sorbonne en décembre 1955 :
« Un des derniers plus importants peintre moderne a été certainement Henri Matisse, mais Henri Matisse représente exactement les dernières conséquences de la révolution française, c’est-à-dire le triomphe de la bourgeoisie et du goût bourgeois. Les conséquences de »l’Art moderne« aujourd’hui, c’est qu’on est arrivé au maximum de rationalisation et au maximum de scepticisme. Aujourd’hui, les jeunes peintres modernes ne croient à peu près à rien...il est tout à fait normal que quand on ne croit à rien, on finisse par ne peindre à peu près rien. Ceci est le cas de toute la peinture moderne y compris la peinture abstraite, esthéticienne, académique... »].
je relève la référence à la critique dithyrambique (avec un « h » après le « t », Démian), alliée servile de la peinture moderne.
« Un critique dythrambique ». Quel parfait résumé de notre pseudo-auteur à la crinière d’ébène...
J’aime Dali. Si peu « politically correct ». Qu’on me passe l’expression anglaise, intraduisible.