Article dithyrambique sur les services à la personne qu’il conviendrait de nuancer car tout n’est pas rose dans ce secteur.
1. Les enseignes nationales
Elles sont supposées garantir une qualité de service. Pourtant, elles font appel à des prestataires auprès desquelles elles prennent un pourcentage (exemple : le service Genius de La Poste). Elles privilégient les grandes structures (pour faciliter l’organisation) alors qu’on s’attendrait pour un service à la personne une proximité avec la personne. Or, le client a affaire à des plates-formes téléphoniques qui prennent sa commande. Point barre. Les enseignes nationales ne sont donc que des agences marketing et ne peuvent garantir le sérieux de la prestation. Dans le domaine du soutien scolaire, par exemple, les cours sont assurés à 95% par des étudiants ou par des gens au chômage, pas par des profs. Dans le domaine de la garde d’enfant, ce sont des étudiantes qui interviennent, et vous n’êtes pas sûr d’avoir toujours la même. Idem pour le ménage ou autre. Pourquoi ? Parce que si vous vous payez cher la prestation, les employés ne touchent quasiment rien. Elle est où la qualité du service ?
2. Les acteurs des services à la personne
L’avenir est aux grandes sociétés commerciales (les franchises) qui ont les moyens de faire de la communication, même mensongère (comme une importante société qui a été condamnée pour cela). Les petits entrepreneurs peuvent toujours croire qu’ils perceront parce que ce secteur est en plein expansion, mais ils se trompent : ils n’ont pas les moyens de faire de la pub. Or, c’est la pub qui fait venir le client. Et la pub est très chère.
Il est donc dommage que ce secteur ne soit pas réservé aux petites structures qui seules offrent un rapport équilibré avec le client. Allez donc demander à la société trucmuche côtée en bourse le remboursement des cours qui n’ont pas été dispensés parce qu’ils n’avaient pas d’intervenant (quand ils ne vous envoient pas un étudiant en lettres pour donner des cours de maths) !
3. Le fonctionnement des services à la personne
Il y a deux modes : le mode prestataire, et le mode mandataire.
Dans le mode prestataire, l’employeur n’est pas le client ; c’est l’organisme auquel vous avez fait appel. Il n’y a donc pas de responsabilité employeur. Le salarié, lui, est aussi mieux protégé socialement (chômage, retraite, etc.) car les cotisations sont basées sur le réel.
Dans le mode mandataire, l’employeur est le client, ce dernier jouit donc de la responsabilité employeur (et ce n’est pas rien quand les choses tournent mal !). Le salarié est très peu protégé socialement puisque les cotisations sont basées sur un forfait employé de maison.
Pour les cours particuliers chez trucmuche, voici comment ça se passe. Le client va payer 75 euros de frais de dossier, qui ne correspondent à rien. Bon, c’est vrai qu’on a l’habitude de payer des frais de dossier partout. On va aussi faire passer un test bidon (cautionné par un éditeur scolaire car ça fait plus sérieux) à 60 euros environ, qui ne sera pas corrigé, mais qui aura pour objet de faire peur aux parents, ceci afin qu’ils achètent de beaux coupons de cours. Et on vous dira que pour régler le problème de votre enfant, il faut absolument 48 heures de cours. Ahaha. Tous les enfants se ressemblent et la pédagogie est une science exacte ! Disons que l’heureux parent qui a peur pour l’avenir de son enfant paye 35 euros l’heure avant la déduction fiscale. La société trucmuche, elle, payera son étudiant 10-12 euros + environ 5 euros de cotisation sociale. Soit un coût salarial de 15-17 euros de l’heure. La marge brute est donc de 18 à 20 euros de l’heure ! Business, vous avez bien lu ! En plus la TVA est à 5.5 % . C’est tout bénéf non ? Ben oui, il faut la payer la pub.
CONCLUSION : en passant par des organismes, le client paye la pub et des frais inutiles. Il faut donc aller chez son banquier, commander un chéquier service, et payer directement la personne qui intervient chez vous. Et si vous voulez quelqu’un de qualité, payez-le bien. Exemple : vous trouvez un professeur, payez-le 25 à 30 euros de l’heure + 5 euros de charges sociales, soit 30 à 35 euros avant réduction d’impôt. Ni frais de dossier, ni test bidon. Et si vous ne trouvez pas d’intervenant, que ce soit dans le domaine des cours, de l’assistance informatique, du baby-sitting, etc., passez par de petits organismes. En cas de problème, vous pourrez plus facilement faire pression et avoir gain de cause.