« Le sacrifice, par exemple, est intéressant (j’ai eu cette réflexion en pensant aux soldats américains qui sont tués lors du débarquement) : le sacrifice n’a aucun intérêt pour celui qui se sacrifie (sauf quand on croit à une récompense post mortem). Il serait même contraire à son instinct de conservation en tant qu’individu mais il peut être nécessaire pour la survie du groupe, un intérêt plus large. Il existe sans doute un instinct de conservation pour soi et un instinct de conservation pour le groupe (qui peuvent être contradictoires). »
Oui, et dans certaines circonstances l’instinct de conservation du groupe est plus fort que l’instinct de conservation de l’individu. Ce qui pousse certaines personnes à se sacrifier pour la survie d’un groupe sans attendre en retour une quelconque rétribution, sans même savoir si elle existe reste un mystère, surtout quand il s’agit de personnes épanouies dans leur vie. Ce phénomène existe peut-être aussi chez les animaux.
« Chez les animaux : il me semble que les dauphins s’entraident pour accoucher (pour couper le cordon ombilicale), je ne sais pas si on peut considérer cela comme un acte « morale » mais là encore, c’est un réflexe nécessaire pour la survie du groupe. On a aussi observé des singes qui ont aidé des oisillons tombés au sol à reprendre l’air. Il n’y avait aucun intérêt pour le singe de le faire ! »
Oui dans ce cas c’est plus une réaction instinctive, un réflexe comme quand une personne sauve quelqu’un d’autre sans se poser de question en ne pensant pas immédiatement aux risques parfois mortels, c’est peut-être aussi lié à un espèce d’identification, les singes s’identifient aux oisillons et réagissent avec eux comme ils l’auraient fait avec leur propre progéniture, comme quand une mère adoptive accepte l’enfant qu’elle adopte comme étant le sien même s’il n’est pas issu de sa chair, si elle ne l’a pas porté et ne l’a pas mis au monde, les cas d’adoption existe d’ailleurs aussi chez les animaux parfois même entre différentes espèces. On a aussi des exemples d’animaux comme les chiens qui sont prêts à se sacrifier pour des hommes et vice versa.
« Je ne parlerais pas de religion qui est un système organisé mais plutôt de mysticisme. Comme tu l’as dit, les premiers hommes ont sans doute imaginé des explications sur les phénomènes naturels, imaginé ce qu’il y a après la mort, etc. Les croyances deviennent certitudes (pour quelle raison ? ?) qui se développent avec des superstitions et avec le développement des rites (funéraires d’abord), et deviennent enfin des dogmes. »
Oui tu fais bien de parler des rites funéraires, il semblerait que les rituels destinés aux morts soient à l’origine des premiers cultes, peut-être à cause de leur côté mystérieux, les morts ne communiquent pas avec nous pour nous dire de ce qu’il y a après la mort, ils ont quelque chose de mystérieux, d’inconnu et ils ont parfois été considéré comme des intermédiaires entre les vivants et un autre monde au-delà de la mort, des intermédiaires entre les vivants et les divinités ?
« Je ne comprends pas car je ne vois pas le rapport entre la morale et notre utilité dans le monde. »
Eh bien la morale est là pour nous fixer les limites du bien et du mal. Nous, croyants, sommes là pour faire le bien en obéissant à Dieu, notre utilité dans le monde est dans l’amour de Dieu à travers la réalisation du bien. Mais c’est vrai que la notion de bien est relative et encore plus dans les religions.
« Je ne pense pas que « faire le bien » justifie en quoi que ce soit notre existence (là, on reconnaît le non croyant qui parle). Le principal problème de la morale consiste d’abord à définir ce qu’est le « bien ». Comme dit le proverbe, « le chemin qui mène en enfer est pavé de bonnes intentions » (ou quelque chose comme ça). »
Je me suis permise de rectifier quelques erreurs (ça ne te dérange pas j’espère ? Tu peux en faire autant à mon égard !)
As-tu une réponse à la question : pourquoi sommes-nous là ? Pourquoi existons-nous ? Si nous n’avons pas de raison d’exister et si nous existons parce que l’évolution en a décidé ainsi, qu’est-ce qui a permis cette évolution et qu’est-ce qui est à l’origine de ce qui est à l’origine de notre évolution ? ET c’est là que tu me dis si c’est un Dieu qui est à l’origine de toute chose, qui est à l’origine de Dieu si l’on considère que tout à une origine et que cette origine dépend de quelque chose d’extérieur à ce « tout » ? Et là on en finit pas de se poser des questions qui nous embrouillent vite le cerveau, parce qu’on ignore les réponses, autant du côté des croyants que du côté des non-croyants.
« Personnellement, je trouve ton discours sur la morale étonnant pour une croyante, je m’attendais plutôt à dieu comme source de la morale, tu as raisonné comme une non croyante (cependant, je ne doute pas de ta foi, tu as bien fait la part des choses ). »
Bon je l’avoue je ne suis pas croyante, j’ai été démasquée (non je plaisante). Si je te sers un discours complètement religieux tu vas me prendre pour une illuminée et ne pas me prendre au sérieux. En fait j’ai essayé de réfléchir à tout ce que l’on peut entendre autour de nous sur ces questions et j’y vais de mon petit raisonnement en essayant le plus possible de ne pas y mêler mes croyances, en me basant sur des choses prouvées pour essayer de comprendre.
Dire que la raison serait à l’origine de la morale ne signifie pas que Dieu ne serait pas à l’origine de la raison. Et les religions et les croyances alors sont-elles le fruit de la raison alors même qu’elles sont jugées irrationnelles ? Un individu privé de raison peut-il croire en Dieu et peut-il avoir une religion ?
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