Ce n’est pas tellement la peur de l’autre ni une hostilité liée aux écarts de richesse qui interroge. Car, on l’a compris, le respect, l’estime de l’autre peuvent être un fond commun.
C’est plutôt l’abandon de ce fond aux dépends de certains, les critères de cet abandon, variables selon la conjoncture, qui dérangent.
On ne s’y fait pas à cette morale collective qui un jour installe les gens en société, le lendemain les chasse .
L’Homme ici est un autre nous-mêmes, et quand on se reconnaît plus dans celui de la rue que dans celui qui l’y a mis, on se dit qu’on a plus à partager avec l’un qu’avec l’autre.
A moins qu’on nous explique que les valeurs humaines défendues par beaucoup apportent leur lot d’humanité à celui qui n’a plus rien comme à celui qui l’écoute. Et que cette rencontre avec l’Homme de la rue va infléchir la communauté après avoir enrichi les consciences individuelles.