Bonsoir Masuyer,
Ah, l’identité - toujours cette même interrogation. Et à l’heure où on chercherait en vain chez un président de la République qui s’en réclame la moindre trace de bon goût, de classicisme, d’élégance dans la parole, de culture, bref, de tout ce qui constitue, aux yeux du monde, la ’francité’. Et vous noterez que je ne fais aucune allusion à ses origines magyares - un des plus grands universitaires français est André Lorant, juif de Budapest - même si un certain Esterhazy, officier ’français’ a bien discrédité son pays d’adoption au cours de l’affaire Dreyfus !
Il ne sert à rien de plaquer les situations présentes sur celles du passé, ou alors il faut relativiser à l’extrême. Les Polonais et les Italiens ont été méprisés, maltraités, les Juifs n’en parlons pas. Mais il n’y a jamais eu, en même temps, de gros contentieux national, ou de souvenir de guerres récentes, avec leurs pays d’origine. Au contraire, dans le cas des Polonais la France avait soutenu l’indépendance de la Pologne au XIXe siècle, tout comme celle de l’Italie.
A l’heure actuelle, beaucoup de gens en France estiment, à tort ou à raison, qu’il y a un conflit avec l’Islam - même s’ils confondent tout et prennent la variété wahhabi, exportée à coups de pétrodollars, pour l’ensemble. Et on ne peut nier le poids de la colonisation.
Se greffe à cela un délitement de l’assabiya (j’aime bien utiliser ce concept d’Ibn Khaldun pour exprimer le ’group-feeling’) en France, qui souffre d’une dilution de sa spécificité dans l’Euroland. Ce phénomène, à mon sens (mais vous n’êtes pas obligé de me suivre...) est aggravé par des décennies de persiflage et de dérision appliqués aux mythes nationaux en France, qui brassent à des degrés divers tant la République que l’Ancien Régime.
L’éducation à perdu sa capacité à instaurer un vivre-ensemble harmonieux non seulement par son manque de confiance, mais par l’invasion massive de la culture de masse d’importation américaine. De plus, je ne sais qui j’ai lu qui a affirmé qu’un immigré ne s’assimile quand quand il y trouve une ’valeur ajoutée’. Quoiqu’on pense de la politique ou de la société américaine, les immigrés aux USA sont souvent plus patriotes que les autochtones. Rien de tel en France, bien sûr.