@Melanie,
Nous sommes aussi dans un cercle vicieux.
Le pouvoir patronal ne se limite pas uniquement à la capacité à corrompre. Pour tout syndicaliste, un refus de marcher dans le bon sens se traduit par des pressions au niveau de ses perspectives de carrière, parfois même jusqu’à une perte d’emploi ; il ne faut pas perdre de vue qu’un syndicaliste est avant toute chose un salarié.
Il existe différentes formes de corruption qui peuvent se traduire par :
- Versement d’argent sous différentes formes
- Evolution de carrière anormale
Il existe un grand paradoxe parmi les salariés français. Ils ne sont jamais satisfait des engagements traduits par des signatures d’organisations syndicales mais se plaignent sans arrêt d’avoir des organisations syndicales peu réformistes qui contestent sans arrêt. Comme si les négociations étaient simples ; comme par ailleurs votre exemple (licenciement individuel) met en évidence une méconnaissance du champs d’action possible des syndicats lorsqu’une décision est prise par une direction d’entreprise. Dans votre cas, le représentant syndical ne fait que s’assurer que le licenciement se fait dans les formes de la loi, il ne peut pas contester la décision prise. Se battre contre un licenciement se fait avant la rencontre pour en assurer les modalités d’application.
Le paradoxe se traduit aussi au niveau de l’argumentation sur les réformes. Un syndicat réformiste n’a pas obligation d’aller dans le sens du vent, d’accepter n’importe quoi au nom d’une réforme, mais de faire peser des positions constructives et argumentées pour mettre en évidence différentes possibilités. Dès lors qu’il existe une pensée générale fataliste, les syndicats ne représentent plus les alternatives qu’ils sont censés représenter.
Beaucoup de salariés attendent des miracles de la part des syndicats ; les objectifs entre salariés et patronats ne sont que très rarement convergents. Mais il ne suffit pas de croire que nos idées sont bonnes, encore faut-il se donner les moyens de défendre ses idées, et pour cela il faut s’engager. Ce ne sont pas les syndicats qui font les hommes mais bien les hommes qui font les syndicats ; et en ce domaine, en France, vu le taux de syndicalisation, beaucoup de français ont des idées mais beaucoup aussi ne sont pas prêts à s’engager pour les faire valoir. Mais il est vrai aussi que s’engager pour faire valoir ses idées peut porter préjudice quant à l’évolution de carrière ; donc si d’autres pouvaient prendre les risques en défendant nos idées, que le monde du travail serait idéal.