@Armelle,
Quant au bon sens, il apparaît comme un outil que le peuple, d’instinct, s’est plu à utiliser et dont il a fait bon usage en regard de ses expériences propres. Plus ressenti que pensé, il rejoint l’esprit logique et prémunit des dangers où les idéologues et utopistes risqueraient de l’entraîner. Il est donc un contrepoids nécessaire aux divagations abusives et perverses, car l’homme de bon sens perçoit naturellement ce qui est bon de ce qui est mal, ce qui est juste de ce qui ne l’est pas, guidé par cet instinct qui l’avertit des égarements toujours possibles de l’intelligence. C’est ce qu’il conviendrait de nommer "le jugement droit".
A la différence des logiques extensionnelles formelles, le bon sens ne pourrait être, à la limite, qu’une logique intentionnelle non formelle ; différence fondamentale entre les raisonnements déductifs (logiques) et les raisonnements inductifs (humains donc naturels).
Même si nous concevons d’un même terme pour associer logiques formelles et bon sens, il faut rappeler que l’un fonctionne en chaînage avant alors que l’autre fonctionne en chaînage arrière (voire certains travaux de Jerry Fodor) ; en fait tout les oppose si nous devons les comparer. C’est toute la richesse de notre langue que d’utiliser un même terme pour signifier deux approches qui sont très opposées.