Tous mes compliments pour cette réflexion, parce qu’elle a l’objectivité d’un scientifique, et surtout parce qu’elle traite de la première des préoccupations de l’humain : sa liberté personnelle.
En effet, le « dirigisme » étatique (comme celui des belles mères) est par nature une atteinte à notre liberté. Alors, il y a matière à réflexion approfondie sur la place de cette liberté individuelle et sur celle d’un certain dirigisme destiné à la rendre compatible avec la vie en société, puisque l’humain est un animal grégaire ne limitant pas ou peu ou rarement sa prolifération, elle aussi par nature attentatoire à la liberté de chacun. Puisque aussi il y a toujours eu, il y a encore, et il y aura probablement toujours parmi les humains des asociaux perturbant gravement la vie en société des autres au point même de la détruire. Il semblerait donc qu’on ne puisse malheureusement pas échapper à une certaine dose de dirigisme.
Alors, deux questions : quelle dose de dirigisme, et par qui ce dirigisme.
Par qui ? Répondre par l’état n’est pas une vérité absolue. De sa sortie des cavernes jusqu’aux environs de 3 000 Av. J.-C., il n’y a pas eu d’état. La société des humains a réalisé les progrès décisifs de son sort durant cette période. On est très loin de tout connaître du fonctionnement des sociétés en ces temps là, mais il semblerait que leur organisation était fréquemment fondée sur des structures familiales allant jusqu’au culte des ancêtres. La neutralisation des asociaux était le fait des gens eux-mêmes, et elle s’opérait férocement. La célèbre loi du Talion (gravée vers 1 755 Av. J.-C. par le Roi de Babylone Hammurabi dans le marbre d’une stèle aujourd’hui au Musée du Louvre) était depuis longtemps celle édictée par le peuple lui-même qui y tenait la main. Aujourd’hui, on ne conçoit plus une société sans état. Garry Davis ( ?) s’étant déclaré il y a quelques dizaines d’années « citoyen du monde » n’a pas eu d’émules, la main mise des états sur le monde est complète.
Les états sont donc devenus un fait incontournable, et en même temps une plaie. Ceux totalitaires se sont imposés par la force à leur population, ils sont la négation de la liberté et de la condition humaine. Les autres, démocratiques ou non, fondent leur pouvoir sur les services qu’ils rendent aux humains. Le premier de ces services, qui devrait peut-être être le seul, est de protéger la liberté individuelle des citoyens contre des agresseurs venant de l’extérieur et contre les asociaux. Mais ces états sont entre les mains de ceux qui les font fonctionner, et de ceux avec lesquels ils s’accoquinent pour préserver leur autorité. Ces gens ne sont pas des bénévoles se dévouant au service des autres. Le dévoiement des états, qui semble s’être généralisé, est causé par la soif de pouvoir de ces gens sur les autres. Cela se concrétise dans un dirigisme plus ou moins prononcé selon le degré de dégradation du système. Et les conséquences sont systématiquement contraires aux intentions et promesses énoncées, elles ne font que le malheur des peuples.
La responsabilité finale en incombe au peuple qui ne se montre pas capable de tenir en mains son état, pour limiter son « dirigisme » à ce qui est une nécessité manifeste de la préservation de la vie sociale et de la liberté des citoyens.