La majorité, si elle incarne au mieux une certaine légitimité, ne saurait constituer en soi une garantie que le jeu démocratique a bien fonctionné et qu’il continuera de le faire.
On se rappelera qu’Hitler est parvenu au pouvoir le plus légalement du monde, soutenu par une majorité de citoyens qui ne le lâcheront qu’au moment du désastre de 45.
Ensuite, avant de s’incliner devant une quelconque majorité, il vaut mieux s’interroger sur ce qui l’a construite : l’exercice par les citoyens de tout leur entendement ou bien un conditionnement venu de l’extérieur (propagande, endoctrinement, manipulation des pulsions primaires, désignation de boucs émissaires, occultation volontaire des alternatives possibles, clientélisme, etc…).
Il vous arrive sans doute de croiser comme moi de ces (nombreux) sarkozystes déçus qui vitupèrent aujourd’hui celui qu’ils encensaient hier. Croyez-vous vraiment qu’ils aient opéré leur choix en toute conscience ou obéi à une sorte de réflexe pavlovien induit par le savoir-faire du candidat et les médias qui le soutenaient et répandent l’idéologie dominante que nous connaissons ?
N’empêche que cette majorité-là –plus du tout majoritaire au demeurant- dicte sa loi pour 4 ans encore. Est-ce bien légitime ?