Bernard,
Je vous trouve optimiste sur l’aspect "moine".
Dans quelle abbaye géante placeriez vous les millers de chercheurs en théorie des cordes ?
Que pensez vous des accusations de Lee Smolyn (j’épelle de mémoire) quant à la relative stérilité de ce type de recherche, qui ne cherche plus à se confronter à des choses mesurables depuis plus de temps qu’il n’en faut pour faire 30 PRL ?
Pour moi, la beauté de la recherche est bien celle de la technique, fut-elle abstraite : les éléments sur lequels on s’échine ont leur propre cohérence (validée par la réalité !). Le dialogue entre la complexité du réel et celle de sa réprésentation est ce qui "transindividue", pour reprendre le langage Simonodonien ou Stiegler-ien
(sur Stiegler : allez voir les commentaires de son intervention sur Marianne, d’ailleurs, il se fait "engueuler" pour sa complexité de langage et je trouve que c’est fou ce que les gens ne se rendent pas compte qu’un langage convenu ne permet pas de penser des choses complexes. A l’inverse, la technique force à adapter, a minima, les "impédances" entre d’une part représentation et d’autre part réalité/objet technique, objet qui ne fera pas n’importe quoi au gré de l’humeur du chercheur.
(Donc : "Combien de méga-ohms en entrée/sortie de la théorie des cordes", à votre avis ?)
Dernier clin d’oeil scientifique sur cette cohérence de la technique : la nomination de Maffesoli quasi au forceps par Pécresse à l’IUF, vous êtes au courant, non ? (cf these de E Teissier ...)