Etant moi-même journaliste professionnel, bloggueur et contributeur à AgoraVox, je me dois de corriger certaines erreurs de votre article et tout de même donner mon avis sur le sujet.
La "carte de presse" n’est nullement un "permis de tuer" ou même d’enquêter. Elle ne donne AUCUN droit particulier en elle-même (sauf sur le plan fiscal, et encore...) : si un journaliste pose des questions, nul n’est obligé de lui répondre (il n’est pas policier) ; il n’a pas accès à une information non-publique ; ne peut pas rentrer dans un bâtiment sans y avoir été invité ; etc.
Elle n’est pas attribuée par la préfecture mais par une Commission Nationale paritaire. Elle ne certifie nullement de l’honnêteté intellectuelle ou du professionalisme de son titulaire mais juste que celui-ci tire l’essentiel de son revenu de ses activités de journaliste.
La "carte de presse" ne distingue en fait que les journalistes professionnels d’un côté et les journalistes amateurs de l’autre. Je réfute tout à fait la notion de "journalisme citoyen" : nous sommes tous des citoyens. Comme partout, il y a de bons amateurs et de mauvais professionnels. Et les professionnels ont tous leurs contraintes (d’où l’intérêt pour un professionnel de se comporter parfois en amateur à titre privé).
Vous pouvez vous permettre de tester toutes les recettes de gâteau que vous voulez. Certaines seront sans doute inédites et excellentes, d’autres à vomir. Mais un pâtissier ne produira que des gâteaux qui se vendent, qu’il les aime ou non. Les pâtissiers amateurs doivent-ils se considérer comme plus libres ou plus citoyens que les pâtissiers professionnels ?