@Sisyphe,
Je le répète pour la xième fois, il s’agit bien d’un concept idéologique, de bien sinistre mémoire, qui sous-entend bel et bien une hiérarchisation.
Les différents commentaires sur ce site le prouvent abondamment.
C’est vous qui l’interprétez de la sorte. Permettez-moi de ne pas partager votre point de vue.
Vous le concédez vous-même, en reconnaissant qu’on ne peut même pas parler de caractéristiques semblables, dans un groupe d’individus.
Vous semblez ne pas distinguer un concept abstrait d’un concept concret. Ce concept existe en tant qu’abstraction ; les sciences formelles en ont démontrées les limites concrètes.
Aussi, comme l’article dit qu’il faut appeler un chat un chat, j’appelle un raciste un raciste, et le propos de Zemmour une confortation de ce type de raisonnement.
Pour ma part, je considère que vous faite un raccourci trop simpliste.
Parlons de types, effectivement : la notion de races, inappropriée scientifiquement, connote trop d’ambiguité (pour être gentil), pour être innocente.
Vous ne pouvez pas l’ignorer.
Je ne l’ignore pas, je l’ai même exprimé dans une intervention précédente. Ce type de terme doit être utilisé avec la plus grande précaution, ce que n’a pas fait Zemmour. Mais Zemmour est un polémiste et sa démarche me semble intentionnelle pour lancer une polémique et elle marche.
Etymologiquement, le terme race a plusieurs sens. Dans le cas des juifs que vous levez, si nous nous référons au sens littéraire, à savoir dans le sens d’avoir un lien de descendance commune, ce sont les juifs eux-mêmes qui revendiquent appartenir à une lignée commune. C’est le sens que lui donne par exemple Balzac : Aujourd’hui cette race, égale aux Rohan sans avoir daigné se faire princière (...) cette famille, pure de tout alliage, possède (...) sa maison de Guérande et son petit castel du Guaisnic. ou celui de Mauriac : La première pensée du biographe, qui veut avancer dans la connaissance d’un homme, est de chercher d’abord du côté de ses ascendants. L’individu le plus singulier n’est que le moment d’une race. Il faudrait pouvoir remonter le cours de ce fleuve (...) pour capter le secret de toutes les contradictions, de tous les remous d’un seul être. Vous retrouverez l’usage de ce terme ayant ce même sens chez Proust, Renan, Hugo, Camus, ... Tous des racistes ?
Par contre, cela ne rejoint pas le sens anthropologique. Mais le sens anthropologique n’est pas vu pour mener aux approximations de l’ouvrage de Gobineau : Essai sur l’inégalité des races humaines. Le racisme est bien fondé sur le principe de comparaison de races d’un même niveau et d’en définir une hiérarchie de valeur (il existe des hiérarchies d’appartenance (groupe, sous-groupe, ...) qui n’ont rien de racistes). Pour un anthropologue, la notion de race et d’éthnie sont au même niveau ; ce ne sont que les critères de regroupement qui diffèrent. Vous pouvez l’appeler type, cela ne change rien au fond, au principe de dissociation par des caractéristiques observables par nos sens.
Cependant, je suis comme Cosmic Dancer, je n’aime pas l’emploi de ce terme polysémique, surtout dans un espace public. Zemmour l’utilise sciemment pour lancer une polémique, c’est à mon sens l’intention première. Mais cela ne fait pas de lui un raciste !
Que vous vous référiez à des sciences biologiques pour nier l’existence concrète (domaine de la réalité) de races, je suis d’accord avec vous. Que vous refusiez la référence littéraire et anthropologique du terme qui définissent le terme race dans un domaine abstrait (domaine de la pensée) basé sur l’observation met en évidence une part de non prise en compte des réalités dans leur ensemble, et là nous ne sommes pas d’accord.