« On découvrira que l’attentat, un moment attribué à l’extrême gauche, était bien l’œuvre de l’extrême droite, qui espérait ainsi un sursaut nationaliste pour renverse la république italienne. L’œuvre de nostalgiques de Mussolini, dont le culte est encore vivace là bas. et parmi eux semble-t-il aussi, des membres du gouvernement en place... aidé par un organisme étranger favorable aux manipulations en plus haut lieu et aux déstabilisations d’états depuis toujours. Mais cela nous ne le saurons jamais exactement. »
Le prétendu journalisme citoyen montre encore une fois, ses limites : n’importe qui parle de n’importe quoi à partir de ce qu’il sait et de ce qu’il tient pour vrai, parfois en fonction de ce qui l’arrange pour des questions purement partisanes.
En fait ce que Morice ne saura "jamais exactement" est connu avec précision depuis le début du mois de juillet de cette année. Francesco Cossiga, ancien président de la République, et président du Conseil au moment de l’attentat, a révélé, lors d’une interview accordée au Corriere della Sera*, le 8 juillet 2008, qu’il s’est agi d’un accident, un terroriste du FPLP ayant sauté avec les explosifs qu’il transportait, alors qu’il s’apprêtait à changer de train, en gare de Bologne.
Cette thèse est connue depuis les premières heures de l’affaire, mais l’enquête fut orientée en direction de l’extrême droite pour des raisons de politique interieure et pour que personne ne découvre qu’Aldo Moro avait conclu un accord de « non-belligérance » avec le FPLP, dont les membres pouvaient circuler librement en Italie, en échange de l’engagement de ne perpétrer aucun attentat dans la Péninsule.
Certes, cela n’intéressera pas l’auteur de l’article, mais on s’amusera de l’assurance avec laquelle il assène les contre-vérités que j’ai extraites de son texte. Naturellement, tout le reste, qui est moins aisément vérifiable, en ressort complètement discrédité.
* http://archiviostorico.corriere.it/2008/luglio/08/Cossiga_compie_anni_Moro_ Sapevo_co_9_080708006.shtml