Bonjour,
Dans son exercice de recopiage de dépèche d’agence, l’auteur a oublié de parler de ce qui était probablement le plus important dans cette crise : Le 3ème larron, à savoir RosUkrEnergo. Dans les fait, cette officine Russo-Ukrainienne qui n’a qu’une dizaine d’actionnaires privés est une vrai machine à corruption. Située à Zoug ou l’air est frais, les impôts doux et les gens pas curieux, cette opaque entité avait jusqu’alors le monopole de la revente du gaz à l’ukraine.
Sauf erreur de ma part, il me semble que M. Poutine et Mme Timotchenko ont décidé de se passer des services obligés de RosUkrEnergo à l’avenir pour toute relation commerciale en NaftoGaz et Gasprom.
Et là il ne faut pas s’y tromper : Le perdant dans l’histoire est Viktor Ioutchenko, le président Ukrainien, qui est un des principal bénéficiaire des prébendes de RosUkrEnergo, et de l’avantage politique procuré par une énergie pas chère.
Pis encore pour Mr. Ioutchenko : Son réseau de pipeline avait été construit à l’époque de l’union soviétique - puis nationalisé en 2007 - a besoin d’une sérieuse modernisation. Gazprom avait déjà proposé de racheter ce réseau pour le moderniser, ce que l’ukraine de Ioutchenko avait refusé préférant trouver des investisseurs à l’ouest sans grand succès jusqu’a maintenant. C’est d’ailleurs l’un des volet de l’accord de partenariat stratégique signé récemment entre l’ukraine et les USA.
Cette crise du gaz a mis en lumière les défaillances du système Ukrainien, tout en soulignant le coté peu fiable de ce pays de transit. ça va être maintenant très compliqué pour trouver du financement pour la rénovation du réseau de distribution d’un pays aussi peu fiable !
Passons les fadaises sur la "diversification des sources" - les autres pays fournisseurs n’ayant soit presque plus de gaz (norvège), soit sont des pays avec lesquels on évite de traiter (Iran). L’europe sait parfaitement que si elle veut du gaz pour les prochaines années, c’est avec la Russie qu’il faudra négocier.
Ce coup géopolitique joué par les Russes est majeur : D’une part Gazprom en termine avec les tarifs des copains, et d’autre part se débarasse d’une pompe à bakchich. Ensuite, les 2 projets de pipeline NorthStream et SouthStream sont dans la pratique confirmé. Et la cerise sur le gateau, c’est un rude coup politique pour Viktor Ioutchenko, dont l’opposition ne manquera pas de dire qu’en ayant refusé hier le gaz à 250$, il doit l’accepter maintenant à 319$.
Mais pour écrire cela, il aurait fallu à l’auteur faire un peu plus que de recopier le figaro.