Shawford,
Bien sûr que je revendique ma partialité, pour la bonne raison que l’impartialité est la vertu d’un être parfait, ce qui n’est ni mon cas ni celui d’aucun être humain que j’ai connu.
Pour recadrer avec le sujet j’ai vu que vous aviez apprécié cette phrase de Weil : "L’intelligence est vaincue dès que l’expression des pensées est précédée, explicitement ou implicitement, du petit mot "nous". Et quand la lumière de l’intelligence s’obscurcit, au bout d’un temps assez court l’amour du bien s’égare."
Elle n’est déjà que partiellement juste au sens sémantique, puisqu’elle implique qu’il faille être seul pour être intelligent, ce à quoi j’opine excepté pour la phase humaine de l’apprentissage, puis elle présuppose que si l’intelligence s’obscurcit l’amour du bien s’égarerait, ce qui est péremptoire puisqu’aucune corrélation entre l’intelligence et l’amour du bien ne peut être établie, attendu qu’il n’existe pas de notion universelle du bien.
Ces lacunes et autres approximations au sens sémantique, produisent un sens éthique des plus contestable que je corrigerais ainsi : L’intelligence n’est victorieuse que si l’expression des pensées est précédée, explicitement ou implicitement, du petit mot "nous". Et quand la lumière de l’intelligence brille, au bout d’un temps assez long l’amour du prochain s’enracine."
Si la phrase me plait plus tournée ainsi, je ne miserais pas même trois centimes d’Euros sur son éventuelle universalité, tant je suis résigné à la médiocrité de la pensée humaine, fut-elle la mienne.
Enfin pour répondre à votre question en quoi l’antisémitisme latent de Weil a pu provoquer un désagrément aux juifs, je vous répondrais que si vous saviez quelles gouttes vous mouillent sous la pluie, vous pourriez savoir quelles gouttes ne mouillent personne.