J’ajoute qu’à mon avis, ce sujet n’a pas eu la place qu’il méritait dans les médias. Il est pourtant très représentatif d’un des plus gros problèmes de l’UE : l’intercompréhension.
Car il ne s’agit pas seulement de la compréhension des appels en langue étrangère par les services d’urgence, mais aussi de la capacité d’expression des touristes qui appellent le 112 !
Que le 112 puisse répondre en anglais, ou dans les 3 langues de travail, ne résoudrait rien : il faut pouvoir comprendre et répondre dans la langue utilisée par celui qui appelle !
Or, combien sont capables de formuler un appel d’urgence en langue étrangère, anglais ou autre ? Une minorité, y compris parmi ceux ayant reçu une éducation supérieure.
Qui peut dire en anglais, sous le coup d’une intense émotion : il a pris la foudre, il a le bras tordu, la voiture est tombée du pont et un passager a été éjecté ? Ou répondre aux questions précises que ne manquent pas de poser les secours : combien de victimes ? Est-il conscient ? Est-ce qu’il respire ? Le chauffeur est-il coincé dans le camion ?
L’appel et la discussion avec les services d’urgence ne peuvent se concevoir que dans sa propre langue, ou éventuellement dans une langue qu’on maîtrise à un très bon niveau, apanage d’une minorité.
Ce sujet nous oblige à admettre que l’intercompréhension entre Européens est au stade embryonnaire, qu’il n’y a de solution qu’entre le multilinguisme total (réponse possible dans toutes les langues de l’UE, et pas seulement les officielles)... ou bien dans une langue simple accessible au plus grand nombre, si elle était soutenue par les décideurs, l’espéranto.
Voilà pourquoi un sujet si représentatif d’un vrai problème de l’UE a été traité dans les médias à peine mieux qu’un chien écrasé.