Oui, les premiers échelons de l’entreprise ne font pas les premiers pas vers la formation en général, et le DIF n’est pas une exception..
J’ai pu constater différentes situations :
- Bas échelon, "bas" niveau d’"études" (je mets des guillemets à cause de phénomènes tels que le syndrome du "je n’ai pas mon bac" qui affectent des gens qui se retrouvent incapables de s’évaluer eux mêmes de relativiser l’absence de diplôme, et se dévalorisent énormément et refusent d’aller en formation)
Dans cette catégorie, on retrouve un certain nombre de gens avec des difficultés soit avec la lecture, soit avec l’écrit. Le problème est que demander à faire un DIF pour pallier ces lacunes, c’est admettre publiquement ET à sa hiérarchie, de surcroit, que l’on a des difficultés à écrire ou à lire.
De manière plus générale, il y a une appréhension que la demande soit associée à un aveu de faiblesse ou d’un manque qui nuirait soit à l’image, soit au poste ou encore au fonctionnement au quotidien (genre sobriquets, vannes et autres...)
C’est dans ce cas que la "politique" de l’entreprise devient absolument clé, si un traitement spécial n’est pas accordé à la communication et rien n’est fait pour donner confiance à ces salariés, jamais eux n’iront demander de formation...
Le problème, particulièrement en PME et TPE, c’est que c’est le genre de trucs qui prennent du temps à mettre en place et coûtent -en salaire et en temps pour celui ou celle qui va devoir s’occuper du dispositif. Or malheureusement peu de PME ont les ressources nécessaires, l’habitude en France étant bien souvent de travailler le plus à flux tendu que possible pour réduire les coûts et optimiser les heures de travail des salariés. Donc, à moins que ce soit un thème vraiment cher à la direction, pas de "cellule" DIF, pas de demandes...
C’est là ou la proposition de faxtronic d’ "ouvrir des centres de formation continue ouverts à tous" prend tout son sens. Malheureusement, pour ça, il va falloir persuader un max d’électeurs de mettre un coup de volant à gauche, car à priori, ça ressemble fort à une augmentation du nombre de fonctionnaires... (ouh le gros mot de l’année ! je l’ai dit !
) On peut oublier dans le futur proche...
Deuxième cas :
- Bas ou Moyen échelon, niveau d’études non pertinent, entreprise qui "pousse" ses salariés sur des DIF limités en choix (1 ou 2 correspondant à un besoin perçu par la direction, mais pas reconnu par les salariés (à tort ou à raison d’ailleurs), comme je subodore être le cas auquel est confronté notre ami Hal man =>cours d’informatique en milieu hospitalier, si j’ai bien compris)
Là, généralement, on constate : la demande ne vient plus du salarié (première abbération pour la formation, et le DIF en particulier vu que c’est le Droit INDIVIDUEL à la Formation qui est concerné !), mais c’est bien uen "demande" de la direction, sur laquelle se greffe un sentiment d’obligation ("pff, faut que je me "farcisse" le stage à la *%§"
(’@ hal man, je ne pense pas que les salarié(e)s de l’hôpital sont entré(e)s en se disant "c’est chouette, comme ça je pourrai bénéficier de stages d’informatique, à l’embauche
),
Ce qui explique un manque d’intérêt , voire même un rejet du stage (car bien malheureusement, pour que la coupe soit pleine, l’amélioration des aptitudes du salarié après 21h de stage n’est pas souvent vraiment visible, donc pas source de reconnaissance ni de la direction, ni des collègues et encore moins de "récompense" financière à la clé -
"Eh, faut pas déconner non plus, déjà qu’on leur paie un stage, en plus, faudrait les augmenter !!! Z’êtes malades
Ca ne pousse pas sur les arbres, les sous !!. Ils devraient déjà nous remercier de leur offrir des "vacances" payées à ne pas être à leur poste !" (oui, je caricature, mais bon... 
Le problème, c’est que si le salarié n’est pas "acteur" de son DIF, ne fait pas partie prenante, où que la dynamique du dispositif se passe de lui et qu’il se sent traité comme un vulgaire poulet de batterie, il y a déjà peu de chance que le stage "prenne" et pratiquement aucune que les demandes augmentent...
Enfin, pour finir, on ne redemande que ce que l’on connait ou qui nous est familier : quelqu’un qui a connu une formation initiale qui l’a intéressé(e), ou qui a fait un stage qu’il (elle) a vraiment apprécié sera bien plus facilement à l’écoute, réactif(ve), ou encore aura plus de chance de "repérer" un stage (-ou même un droit à un stage !) que quelqu’un pour qui le scolaire est associé à "l’échec" ou à des mauvais souvenirs.
Mais je peux vous garantir que quelque soient les personnes, lorsqu’on réussit à leur faire prendre goût à ce qu’ils font dans le stage, ce qui n’est pas une mince affaire (plutôt même souvent de l’ordre du "miracle"), ils repartent avec une pêche d’enfer et s’informent presque toujours sur la possibilité de faire des stages dans leur ville, leur quartier...Que du bonheur quand ça arrive !
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

