On parle couramment de "communauté" de destin" pour désigner un peuple, une nation organisé en État-nation ou souhaitant l’être. L’expression "communauté à dessein", en revanche, n’est pas courante et, personnellement, je la rencontre pour la première fois. En combinant ma définition du terme "communauté" et celle du Petit Robert du terme "dessein", on pourrait penser qu’une "communauté à dessein" est une "communauté qui se cherche", autrement dit qui se constitue, dont les membres se reconnaissent comme… tels. Une communauté de fait… en devenir.
Une telle acception (une communauté de fait en devenir, en construction) n’apporte rien de plus par rapport à l’expression, basique, de "communauté de fait". Elle ne serait qu’un élément de "hiérarchisation" ou, plus exactement, de graduation de la notion de communauté de fait.
Ce n’est donc pas dans cette voie qu’il faut chercher la signification de l’expression "communauté à dessin" mais, plutôt, en se référant à la notion de "communautarisme" que j’ai donnée plus haut : une "communauté à dessein" serait (est) une communauté qui prétend s’ériger en "ordre", normé et institutionnalisé, sinon rejetant les particularités des autres (communautés et individus), du moins considérant ces dernières comme "anormales", "hérétiques", "déviantes"… Autrement dit, une communauté qui cherche à s’imposer CONTRE les autres communautés et non plus à "cohabiter" avec elles et qui, sans doute de demandeuse de "tolérance" et de respect à son égard, s’est faite intolérante et irrespectueuse des autres communautés et des individus qui ne sont pas des croyants mais des mécréants comme elle les nomment.La prétention d’une telle communauté ,prétention à la fois contre les autres communautés, les membres d’autres communautés mais également SUR ses propres membres -, à l’évidence, ne peut… tolérer la laïcité si celle-ci est entendue comme la possibilité qu’ont TOUTES les communautés et, au-delà TOUTES les particularités, TOUTES les différences d’être assumées, vécues, pratiquées… librement dès lors qu’elles ne portent pas atteinte à la liberté de l’Autre.
Le communautarisme en ce qu’il est exclusif et, in fine… totalitaire [puisqu’il ne souffre aucune exception] n’est pas seulement une atteinte au principe de laïcité. Il est un danger, une menace pour ce que seule la laïcité peut garantir : la "cohabitation pacifique" de TOUTES les différences. Il est le meurtre, au besoin génocidaire, prémédité de la Liberté , de l’Égalité et de la Fraternité.
Les différentes communautés, existant de fait ou à dessein dans notre pays, représentent-elles un danger pour la laïcité ?
C’est évidence que nul ne peut nier.
Il est courant que les "ennemis de la liberté", les adversaires de la démocratie… se réclament des droits fondamentaux et des libertés individuelles instituées et garanties par, par exemple, la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, un e Constitution… pour, le pouvoir (politique, judiciaire…) pris, privés celles et ceux qui ne sont pas membres de LEUR communauté de ces mêmes droits fondamentaux et libertés individuelles. Le nazisme a agi ainsi. Et, plus récemment le khomeynisme.