Le champ de l’inexplicable ? Je ne crois pas. Lorsque justement on s’intéresse à ce qui s’est passé avant avril 94, quatre années de guerre civile, avec un million de personnes déplacées, les massacres et la terrorisation systématique de la population, l’inexplicable devient presque logique.
Dire que c’est inexplicable est dénier aux Rwandais impliqués dans les massacres les mêmes pulsions et les mêmes motifs qui ont fait que des gens parfaitement "civilisés" en Europe ou ailleurs se sont livrés aux pires exactions. J’ai autant de mal à m’identifier avec la machine bien réglée à tuer des nazis qu’avec la folie meurtrière qui s’est emparée des Rwandais.
Je relèverai seulement l’emploi du terme génocidaire, qui dans ce contexte n’est pas totalement innocent. Pleurer sur les victimes, pourquoi pas, encore ne faut-il pas en oublier.