@Fouadraiden
la différence entre toi et moi : il ne me viendrait jamais à l’esprit
de justifier la négrophobie des arabes musulmans, passée ou
présente, par celle des occidentaux...
Je
suppose que cette allusion fait référence au passage où j’ai évoqué le
fait que les entreprises coloniales ou esclavagistes reposaient bien
sur une croyance partagée, dans l’histoire occidentale et
arabo-musulmane, en l’infériorité des races, et auquel cas il y a
maldonne.
Tout d’abord, votre question relative à l’asservissement
et/ou au massacre des populations indiennes et noires africaines
reposait sur une inversion.
La discussion initiale portait, en
effet, sur le choix des autorités françaises en Algérie d’accorder ou
pas la citoyenneté française. À la suite de quoi j’ai précisé que la
communauté musulmane avait ceci de particulier dans l’histoire
coloniale que ses dirigeants politiques et religieux l’incitait à
refuser une naturalisation considérée comme une apostasie. Ensuite,
vous m’avez demandé si les israëlites algériens n’avaient pas manifesté
la même défiance à l’égard de la citoyenneté française, je vous ai dit
ce qu’il en était.
Et là, allez savoir pourquoi, décrochage
magistral, on ne parle plus de l’accession à la citoyenneté mais de la
cause initiale des entreprises coloniales... Bref, retour au "péché
originel" dès que les arguments commencent à mettre à mal les leçons
d’histoire assénées par les Indigènes de la République et consorts.
Sur ce, je vous ai donc simplement rappelé que le préjugé raciste à la
base des entreprises coloniales n’était pas le monopole culturel de
l’Occident. Et rappeler que le racisme n’est pas l’apanage de la civilisation
occidentale, ce n’est pas le justifier chez les uns et les autres, mais mettre en évidence qu’en
la matière, il ne peut aujourd’hui pas plus qu’hier y avoir de solution unilatérale émanant de
l’Etat vers la Société, et moins encore d’une communauté envers une autre.
Enfin,
pour revenier au « péché originel » de la colonisation, je trouve cette
récurrence du thème d’autant plus déplacée que l’accession à la
citoyenneté française n’est plus subordonnée, comme ce fut le cas en
Algérie, à la nécessité d’assurer une domination précaire sur une terre
récemment conquise.
En d’autres termes, la citoyenneté n’est plus aujourd’hui la variable d’ajustement d’une domination.
Et pourtant, elle est encore rejetée comme telle par une minorité, qui
lui fait grief de n’être qu’un instrument de négation de la diversité
culturelle, ou pour certains une coquille vide qu’il leur serait
loisible de remplir à leur guise. En tout état de cause, c’est imputer
au contenu de la citoyenneté une responsabilité qu’elle n’a pas dans
leur malheur, et se priver, à force de mépris et d’ignorance délibérée,
d’un instrument juridique précieux.