Il est parfaitement normal que la plupart des grandes religions enseignèrent l’altruisme, puisque leur objectif fut l’asservissement de l’homme par le pouvoir temporel. Donner devient la grande valeur mise en place pour une institution destinée à prendre. Pour les mêmes raisons, il est tout aussi normal que les sociétés enseignent l’altruisme : quoi de plus pratique que d’envoyer les désoeuvrés dans les bras de la charité familiale ou amicale pour des gouvernements qui ne respectent plus leur part de contrat social ?
L’altruisme me paraît donc une valeur à combattre, en tant que valeur dévoyée et récupérée par les instances fédératrices, et parvient ainsi à l’inverse du résultat recherché, il accentue l’inégalité par un système qui s’affranchit de son devoir de contrat social, s’appuyant sur l’altruisme du voisinage.
Une main tendue, oui, mais à la Nietzsche : « que le matelas que tu proposes à ton ami soit un matelas dur ». De l’altruisme ? Jamais ! C’est probablement le principe le plus pernicieux jamais inventé, d’autant que le vice est poussé à donner mauvaise conscience à ceux qui ne l’adoptent pas.