Chères amies,
Je vous transfère un message de Nina Sankari, de l’Initiative
Féministe européenne pour une autre Europe, qui m’avait invitée à intervenir en
2008 à Varsovie pour le 100° anniversaire de l’union rationaliste
polonaise.
L’Onu contre les droits des femmes est le thème de travail de
la commission contre les intégrismes religieux. Encore une grave attaque.
A lire avec d’autant plus d’attention que le président du parlement
européen est un Polonais qui a toute la confiance de son
gouvernement et que l’Union européenne a accepté que les femmes irlandaises
n’aient pas le droit à l’avortement dans l’espoir que les Irlandais votent pour
la ratification du traité de Lisbonne.
Amicalement,
Michèle
Un succès pour la politique anti-avortement de la Pologne
La Pologne a opposé son veto à la Déclaration des Nations
Unies sur l’accès à la « santé reproductive, y compris
l’accès aux méthodes de planification familiale », qui
signifie, entre autres, le droit et l’accès à l’avortement.
La dernière session du Conseil économique et social de l’ONU
(ECOSOC), la plus importante sur la santé publique en 2009, a eu
lieu il y a une semaine à Genève ; sa tâche principale concernait
l’évaluation de la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour
le Développement. L’un d’eux est de limiter la forte mortalité
périnatale des femmes dans le monde, souvent associée aux dangers
des avortements illégaux. Cela concerne, en particulier, les
femmes en Afrique et dans certains pays d’Asie et d’Amérique du
Sud.
Ce projet de déclaration sur l’accès à la « santé
reproductive, y compris l’accès aux méthodes de planification
familiale » n’a pas de force juridique dans les Etats
membres, en traçant uniquement les grandes lignes d’action.
Tous les pays membres ont opté pour la déclaration, seule
la Pologne, soutenue par l’Irlande et de Malte (qui ne sont pas
membres à plein titre de l’ECOSOC). C’est donc grâce au vote
polonais que la déclaration a été rejetée.
Le ministère
polonais de la Santé explique l’attitude de la délégation
polonaise par l’application de la loi anti-avortement en Pologne,
contre laquelle la délégation n’a pas été en mesure
d’agir.
Les médias catholiques en Pologne et à l’étranger
(USA, par exemple) se félicitent du triomphe de la morale
catholique : « L’offensive pro-avortement réfutée grâce
à la Pologne. Il s’agit d’une réponse à la grande offensive
pro-avortement qui vise a définir le meurtre des enfants à naître
en tant que droit de l’homme et part des services médicaux »
(le journaliste catholique Thomas Terlikowski,
Fronda.pl).
De cette façon, la Pologne a une nouvelle fois
confirmé sa politique officielle contre les droits des femmes, la
politique qui reste en contradiction avec la position de l’UE. Le
porte-parole du gouvernement polonais a déclaré que la Pologne
pourrait accepter la position commune de l’UE dans le domaine de
la santé reproductive, à condition que les questions de
l’avortement dans d’autres conditions que celles autorisées par la
loi polonaise (menace pour la vie ou la santé de la mère, des
malformations graves du foetus, la grossesse à la suite d’un acte
criminel) soient exclues.
Le fondamentalisme catholique
polonais vise à imposer sa politique anti-avortement hors de la
Pologne, y compris dans des pays où les normes internationales en
matière de la santé reproductive seraient susceptibles de sauver
la vie des millions de femmes.
Sa mission de faire respecter ce que l’on appelle les
valeurs chrétiennes est opposée aux valeurs fondamentales de la
démocratie, aux droits des femmes, y compris le droit des femmes à
disposer de leur corps et d’avoir accès à la santé
reproductive.
Dans le cas de l’Union Européenne, cela signifie un
consentement à ce que les femmes européennes perdent leurs droits
acquis de haute et longue lutte. Sans ces droits, la démocratie
dans l’Union Européenne est un slogan dépourvu de sens.
par Nina Sankari
Initiative Féministe Européenne pour
une autre
Europe