Entre 1400 et 1900, près de quarante millions d’africains ont été razziés et réduits en esclavage.
Soit, en moyenne 80’000 (quatre-vingt mille !!!) par année. Autrement dit, peanuts !
L’Europe a perdu la moitié de sa population en cinq ans, à cause de la peste noire et ce qui en résulté, c’est la Renaissance. Excusez du peu !!!
En fait, on peut se demander si ce Thomas Dunn - qui n’est pas un « cador du web », c’est le moins qu’on puisse dire - n’a pas voulu répondre aux thèses iconoclastes, mais combien plus convaincantes, d’un autre économiste, Gregory Clark - très présent, lui, sur Internet - qui affirme que le sous-développement est imputable à des populations qui n’y sont pas prêtes.
Après avoir étudié les conditions du développement de la Grande-Bretagne entre le 13e et le 19e siècle, il démontre que quatre handicaps simultanés entravent rédhibitoirement le phénomène :
- une vie tournée vers le présent et l’incapacité à consentir des sacrifices immédiats pour un mieux-être ultérieur
- une maîtrise très approximative du calcul, de la lecture et de l’écriture. Et une volonté insuffisante de développer ces compétences
- la résolution des conflits par la violence physique plutôt que par la négociation
- une quantité de travail insuffisante
Dans ce contexte, ce sont, selon Gregory Clark, les strates efficientes du Moyen Age qui sont à l’origine de la Révolution industrielle britannique :
« La population de l’Angleterre moderne descend principalement des classes socio-économiques supérieures du Moyen Âge (...) Être économe, prudent, travailleur et négocier sont devenus les valeurs de communautés qui auparavant étaient dépensières, impulsives, violentes et paresseuses. »
Ce n’est évidemment pas très encourageant pour nos sous-développés des cinq continents, mais ce n’est pas non plus en surestimant leurs aptitudes et capacités qu’on les aidera efficacement en quoi que ce soit.