Bonsoir l’auteur,
que dire de votre récit qui n’ait pas déjà été dit.
En fait, ce n’est pas en Amérique que vous êtes allé vivre, c’est dans Parfaitville, du pays Libéralismétalon. Que c’est bô, que c’est gentil, tout le monde il est riche, poli, blanc et l’herbe y est verte et coupée à la même hauteur partout. Bon, on s’y emmerde un peu au point de passer ses heures nocturnes sur Agoravox de cette France d’affreux socialocommunistes, mais sinon tout est parfait je vous le dit, c’est le paradis.
On vous a cru sans peine....
Au delà du simple comique qu’inspire votre panégyrique, vous faites une erreur bien courante concernant l’Amérique : Vous faites de votre propre expérience une généralité à appliquer en tout lieu. C’est tout à fait ridicule tant les états qui composent l’Amérique ont des intérêts divergeant les uns des autres. Il n’y a aucun rapport par exemple entre le désertique Nevada ou il ne pousse que des cartes à jouer, et le Kansas farcies de fermes divisées en townships ou le montana qui subventionne à fond son agriculture. New york qui ne vit que du tertiaire, ou la Floride qui est passée du coton aux services. Sans parler même du Delaware qui tire ses revenus de la fraude fiscale internationale. Ces énormes divergences d’intérêts ont pu jusqu’alors être aplanies par un
flot ininterrompu de pognon, mais dès lors que cette manne quasi gratuite vient à se tarir - comme cela risque d’être le cas si la crise s’aggrave - ces différences vont réapparaitre aussi sec. On risquerait alors d’assister à des réticences sans cesse grandissantes des états en meilleure santé à venir sauver les états dont les finances sont en train de sombrer. A terme, il existe bien un risque de sécession de certains états, avec peut-être à la clé une guerre civile. Dans un pareil cas, il vaut mieux se tenir loin de ceux qui ont les flingues et fait un stock de munitions.
Au final, il ne reste de votre texte que les impressions d’un visiteur croyant avoir découvert l’Amérique après avoir passé 15 jours dans sa chambre d’hôtel de luxe. Un récit sous-BHL-ien qui pour connaitre les conditions de vie des pauvres aux USA va interroger Sharon Stones (véridique ...), et se prends pour tocqueville en parcourant les états unis dans sa bagnole climatisée avec chauffeur.
Je ne voudrais pas terminer sans y aller moi-même de l’histoire Américaine de mon ami Gérome, qui ne s’appelle pas Gérome et c’est tant mieux car selon le point de vue c’est soit l’histoire d’un salaud, soit celle d’un pauvre type.
Gérome est Français et se marie en France. Il est boulanger et gagne bien sa vie. Deux enfants plus tard, il décide la France ne lui convient plus, et part refaire sa vie aux USA. Bien entendu, la justification officielle était les impôt confiscatoires et autres conneries. La version officieuse que Gérome a confié à quelques amis dont moi-même était d’éviter le paiement d’une pension alimentaire à sa femme et à ses enfants. La classe quoi !
Mon histoire ne s’arrête pas là. Gérome est donc partie dans une petite ville des USA monter un autre boulangerie « Française », c’est ce qu’il sait faire et le fait bien.
Elle a très bien fonctionné là bas, au point que fortune faite il s’est remarié.
Sauf que cette fois-çi, c’est sa femme Américaine qui l’as quitté, et qui au passage lui a piqué toute la petite fortune qu’il avait pu jusqu’alors entasser. Aux dernières nouvelles qui sont assez fraiches car un ami commun est allé lui rendre visite, Gérome est toujours toujours boulanger, sans le faste des grands jours. Il vit dans une pièce de 10m² de sa boutique qui lui sert de bureau et de chambre. Ses conditions d’existences sont quasiment celle d’un clochard et les affaires s’étant réduites, il gagne à peine de quoi à vivre et à payer les charges fixes de son petit magazin. Il n’a pas de sécurité sociale et donc n’effectue pas les soins les plus élémentaires, ce qui se ressent du sa dentition qu’il est maintenant difficile de soutenir du regard. En dehors de cela il a comme tout bon Américain qui se respecte un F150, un joli Quad et plein de kilo en trop. Est-il content de sa nouvelle vie aux USA, je ne saurait le dire faute de lui avoir demandé. Peut-être est-il très heureux comme cela.
Doit-on faire un généralité de ce cas de figure ? certes pas. En attendant, pour avoir connu et fréquenté ce « Gérome » et pour avoir vu ce qu’il est devenu, ça me donne pas vraiment envie de boucler valise pour refaire ma vie aux states, même si il me prends un jour l’envie de laisser des moufflets à la traine !.