Les Nouveaux Compagnons de route s’y prennent aussi mal pour défendre l’Islam qu’ils s’y sont mal pris pour défendre le communisme.
Ils pourraient, par exemple, rappeler que l’Islam a eu sa critique libérale en son sein même. Les Mutazilites dont la grande thèse, qui les séparera
à la fois des sunnites et des chiites (itazla : se tenir à
l’écart) est leur défense de l’entière liberté
de l’homme : Dieu ne décide pas des actes des hommes, car il a créé
des hommes libres, agissant librement. Ceux-ci sont entièrement
responsables de leurs actes. Sans cela, les punitions seraient injustes. Pour les mutazilites, ce n’est pas Dieu qui a décidé ce qui est bien et mal,
mais la raison peut le déterminer dans la nature même des
choses : par exemple, Dieu a défendu le meurtre, parce que c’est
mal, et non pas le meurtre est le mal, parce que Dieu l’a défendu.
C’était une possibilité de l’émergence du concept de droit naturel, cher aux libéraux, si opposé au pauvre droit positif. Occasion ratée.