Bonjour Myriam,
Je comprends que par solidarité féminine, vous soyez
défavorable à l’interdiction de la burka., mais j’estime que vos arguments ne
sont pas pertinents.
Vous écrivez : « Il est donc important de
s’assurer que ces femmes jouissent pleinement de leurs libertés de décision,
d’expression et de confession ». Mais, même pour chacun de nous, la
liberté de confession n’est que symbolique dans nos sociétés
démocratiques ! Pour qu’elle soit effective, il faudrait que cette liberté
s’exerce à partir d’alternatives. Or, vous en conviendrez (exemple extrême), il
n’existe aucune alternative dans la religion musulmane (« Il n’y a dieu
que Dieu ! »), et la soumission au coran et à la charia y est totale.
Exception faite des rares musulmanes dont le père est
progressiste et accepte la liberté individuelle, et, dans le cas
contraire, de celles qui ont le courage de ne pas obéir, les musulmanes de
chez nous, même universitaires, et quoi qu’elles en disent, ne portent pas le
voile islamique (et a fortiori la burqa) « en toute liberté ».
Elles ont été contraintes de se soumettre au coran, aux traditions et au pouvoir
patriarcal fondamentalistes, et conditionnées dès l’enfance à la soumission au
point d’être sincèrement convaincues d’être libres.
Elles n’ont pas eu la possibilité de changer de religion, ou
de choisir le déisme, ou l’incroyance, ou l’agnosticisme, ou l’athéisme,
conformément à l’article 18 de la Déclaration Universelle
des Droits Humains de 1948 ? : "Toute personne a droit à la liberté de
conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion
ou de conviction (...)". Certes, la liberté de conscience et de religion
est inscrite dans la
Constitution, mais ses conditions d’émergence ne sont pas
effectives.
On ne peut pas comparer sans mauvaise foi le port de la
buqa, qui est une obligation traditionnelle obsolète et phallocrate, avec
l’épilation, les hauts talons, les minijupes, les opérations esthétiques, la
participation à un film porno, … ! Vous le dites vous-même :
« Les femmes ACCEPTENT d’être la représentation du fantasme sexuel de
l’homme ».
La burqa n’est pas « un symbole de plus témoignant de
l’oppression sociale de la femme dans le monde ». C’en est le symbole
absolu, et donc le pire.
L’interdiction de la burqa ferait prendre conscience aux
musulmanes que la soumission , quelle qu’elle soit, est devenue intolérable à
notre époque d’égalité des sexes, d’autonomie, de responsabilité individuelle,
et de liberté (pas encore effective) de conscience et de religion. L’interdiction
de la burqa servirait donc l’émancipation de la femme.
« Traiter le problème de fond, », ce serait faire
comprendre aux immigrants que leur intégration n’est possible que s’ils
renoncent volontairement aux traditions religieuses incompatibles avec nos
valeurs humanistes laïques.
« La solution, (…) c’est l’éducation ». Dans une
saine conception de la neutralité, chaque enfant devrait pouvoir bénéficier
d’une information minimale, objective et non prosélyte, aussi bien sur les
différentes options religieuses que sur les différentes options laïques.
Par simple honnêteté intellectuelle. Cela compenserait
l’influence familiale, certes légitime et constitutionnelle, mais unilatérale,
devenue inadaptée à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions.
Dans un lieu public, où est la nécessité d’identifier les individus avec
précision ? ». C’est pourtant évident : il suffit qu’un seul
terroriste s’affuble d’une burqa pour se faire exploser où et quand il le
voudra, « pour la plus grande gloire d’Allah ».
Comment « savoir si ces personnes ont des liens avec
des organisations terroristes ou avec des groupes qui prônent la
haine ? ». Il est compréhensible que les musulmans modérés qui les
côtoient ne les dénoncent pas, mais combien tentent de les
« modérer » ?
Contrairement à vous, je pense que la burqa et le niqab,
bien que minoritaires, ont été « téléguidés » par les islamistes pour
entretenir la phobie du terrorisme.
Il faut donc l’interdire pour ne pas entrer dans leur
« jeu ».
Interdire la burqa, ce n’est pas « cacher le
problème ». C’est s’attaquer à l’un de ses symptômes, ce qui n’empêche pas
de s’attaquer à ses causes profondes, à savoir le laxisme électoral et la
« tolérance » croissante vis-à-vis des exigences inspirées par la
charia.
L’islam, ne l’oublions pas, malgré ses apparentes intentions
de paix, a la prétention, à long terme, de remplacer les lois démocratiques par
la charia dans le monde entier. C’est une obligation coranique.
L’interdiction n’augmenterait pas l’islamophobie : elle
ne ferait que remettre en place les principes laïques de la République.
Mais ce ’est que mon point de vue.
Michel THYS