Merci Marianne pour votre coup de gueule bien envoyé.
Les attaques contre Bayrou sont loin d’être innocentes et honnêtes. Quand elles viennent de la droite, il faut bien comprendre que l’UMP ne peut pas attaquer le MoDem lui-même puisqu’une partie des militants peut voter à droite au second tour, donc elle les ménage. L’UMP n’attaque pas non plus sur les idées parce qu’elle en a en commun et parce qu’elles ont été soutenues par près de 19 % des électeurs en 2007.
Alors que fait la droite ? Elle attaque sournoisement : par le biais du financement qu’elle essaie de faire sauter au profit du Nouveau Centre, et sur la réputation de Bayrou en montant en épingles des désistements ou des querelles internes comme il y a pourtant aussi à l’UMP (Imhotep les a justement recensées l’autre jour dans un commentaire sous l’article « Bayrou le démolisseur ») et au PS où c’est carrément à couteaux tirés tous les jours.
Le MoDem, un parti au service de l’élection présidentielle ? Certes. Y aurait-il des naïfs qui ne le savaient pas ?
Un chef qui tient le premier rôle ? Oui, et alors ? (pour rappel les presque 19 % de Bayrou et le 1 % je crois de Corinne Lepage : cela relativise, non ? Il est le plus légitime pour représenter le courant)
Les anciens n’ont pas été éconduits ? On n’est pas aux temps des purges ! Un compromis raisonnable s’est fait de façon pragmatique : des personnalités expérimentées ont été réélues. Ainsi, nous avons de bons députés européens par exemple. Mais il serait vraiment mensonger de dire que beaucoup de nouveaux n’ont pas émergé et trouvé leur place dans les listes.
Bayrou n’est pas sans défaut ? C’est vrai mais sa légitimité tirée de sa réélection massive au sein du parti et de son score aux présidentielles devraient ramener les esprits critiques à plus de dicernement.
Enfin, je pense que nous sommes à nouveau dans une période forte de bipolarisation qui nuit à la troisième voie. Des électeurs se prennent à croire encore aux vertus du socialisme, c’est leur droit mais j’ai bien peur que leurs espoirs ne soient encore une fois déçus - à part beien sûr la satisfaction éphémère de victoires régionales -.
La troisième voie du MoDem n’a pas été réduite à néant contrairement aux prédictions et le Nouveau Centre n’a pas eu l’effet redoutable escompté par certains. La troisième voie du MoDem est plus que jamais vivante et utile à la France.