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Barety 22 avril 2010 18:44

FHC, votre théorie, si je ne me trompe pas, est la suivante :

selon vous, les signaux sismiques générés lors de l’effondrement du WTC n’ont pas été assez forts, ce qui serait la preuve d’une pulvérisation des matériaux par des explosifs avant que les débris n’atteignent le sol. Vous considérez pour étayer votre thèse que le rendement sismique lors de l’impact des débris aurait dû être de 10 pour cent !
Un tel rendement est complètement fantasmagorique.

Lorsqu’un bloc rocheux impacte une dalle de béton de 30 cm d’épaisseur, le rendement sismique peut facilement atteindre 25 pour cent, et la dalle en béton étudiée se fracture en deux sous la force d’impact. Mais un rendement aussi élevé n’est jamais observé lors de l’impact d’un bloc sur le sol, qui est un plan horizontal dont l’étendue et la profondeur sont si grandes qu’elles peuvent être considérées comme infinies ! Le sol résiste beaucoup mieux à l’impact, et restitue une grande partie de l’énergie qu’il reçoit : c’est ce que l’on appelle le rebond partiellement élastique. Dans le sol, les conditions d’impact sont très différentes de celles d’une dalle en béton.
 
Le rendement sismique le plus grand qui puisse être observé dans le sol est celui d’un tir de calibration à 200 m de profondeur, ce rendement est de 1/ 170, soit 6 millièmes !
Pour l’explosion nucléaire de Corée, en profondeur, le ratio Es / Ep était de 1/ 200, soit 5 millièmes : comparés à vos 10 pour cent, (en surface de surcroît !), il n’y a pas photo, votre rendement sismique est démesuré.
Il signifie que selon vous, l’effondrement du WTC aurait dû générer un séisme de magnitude 3,7 sur l’échelle de Richter...

Votre approche des rendements sismiques de l’Etude des Alpes est très intéressante dans la mesure où elle prend bien en compte un paramètre que je n’ai pas abordé dans ma démonstration, qui est l’inclinaison de la pente réceptrice de l’impact. Comme vous l’avez très bien montré, plus la pente réceptrice est inclinée, et plus l’énergie dissipée lors du choc sera grande, ce qui signifie que le rendement sismique sera plus faible. Mais vous semblez considérer que la relation qui lie la rupture de pente au rendement sismique est linéaire, ce qui n’est pas le cas.

Entre une pente inclinée de 50 degrés et une pente inclinée de 35 degrés, il existe un facteur 10, mais ce facteur sera moins élevé entre une pente de 35 degrés et l’horizontale.
A partir d’une certaine valeur limite d’inclinaison, la fraction d’énergie dissipée à cause de l’inclinaison de la pente croît de manière exponentielle, mais pour de faibles valeurs d’inclinaison, comme par exemple 35 degrés, la différence avec l’horizontale est moins importante. Donc la relation liant l’inclinaison au rendement sismique serait plutôt de type exponentiel : il n’y a pas de linéarité entre ces deux paramètres.

D’autre part, le rendement sismique de 1,25*10^(-3) du WTC est la valeur maximale, puisque la masse de débris utilisée pour ce rendement n’est que de 100 000 tonnes, alors qu’elle serait plutôt de 150 000 tonnes. En prenant 200 000 tonnes, on descend rapidement à un rendement de seulement 6,25*10^(-4). Il faut aussi prendre en compte le paramètre de contrainte au sol, qui dépend de la durée de contact blocs-sol, mais aussi de la pénétration des blocs dans le sol et de la surface d’impact.
Pour la Yosemite RockFall, le rendement sismique était de 3*10^(-4), alors que sur les photographies la pente ne semble pas très inclinée, ou en tout cas pas plus que celle de l’événement R10 de l’Etude des Alpes (35 degrés d’inclinaison).

Pour avoir une idée de la relation inclinaison / rendement sismique, il faudrait plutôt étudier les contraintes exercées sur le sol : cette contrainte est de 468 750 / dT Pa pour le WTC contre 468 000 / dt Pa pour la Y. RockFall, avec dT = durée de contact blocs-sol du WTC et dt = durée de contact blocs-sol de la Y. RockFall.
La vitesse d’impact des blocs rocheux de la Yosemite était de 117 m/s (vitesse surestimée, car les auteurs de l’étude considèrent que les blocs sont tombés en chute libre sur 700 mètres, alors qu’ils ont roulé-boulé sur les 300 premiers mètres, donc la vitesse serait plutôt de 100 m/s...).

Celle du WTC était de 45 m/s. Il y a donc un facteur de 2,6 entre les deux. Imaginons que ce facteur soit significativement répercuté dans la durée de contact. Cela n’est évidemment pas le cas en réalité, mais on peut de cette manière obtenir la durée de contact minimale de la Y. RockFall. Donc la durée de contact maximale du WTC sera 2,6 fois plus importante que celle de la Yosemite. Donc en liant les paramètres t et T, on obtient :
t (min) = T / 2,6
et T (max) = 2,6 * t

Pour la Yosemite RockFall, cela donne une contrainte C (max) = 468 000/ [T / 2,6] = 1 216 800 / dT Pa, à comparer aux 468 750 / dT Pa du WTC. Bien évidemment, la distance parcourue dans le sol par les blocs sera plus grande si la vitesse d’impact est plus élevée, ce qui allonge la durée de contact blocs-sol.
Bref, tout ça pour dire que le rendement sismique du WTC ne dépassera celui de la Y. RockFall que d’un ordre de grandeur, ce qui donne au maximum un rendement de 3 millièmes (= 10 x 3*10^(-4) ).

Et, comme par hasard, cette hypothèse se rapproche des faits, avec un rendement sismique enregistré de maximum 1,25 * 10^ (-3) pour le WTC.


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