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Barety 23 avril 2010 15:21

Gresillaud,
vous m’accusez d’avoir simplifié à l’extrême mon raisonnement, mais au contraire, comme l’a souligné Moorea34, il aurait été plus pertinent de ne pas aller aussi loin dans la démonstration et de s’en tenir aux tableaux comparatifs entre le WTC et les chutes de blocs.

J’ai justement pris en compte divers paramètres pour que la comparaison soit valable : les éloignements par rapport à l’épicentre sont similaires dans chacun des cas, 34 km pour la station PAL, 30 km et 49,9 km respectivement pour les éboulements de la Drus et de la Yosemite, ce qui permet de mettre en parallèle les sismogrammes, les durées des signaux, les vitesses des trains d’ondes et le contenu fréquentiel. La densité des terrains n’a pas été ignorée : 2,75 pour le Bed-Rock de Manhattan, qui est un terrain sédimentaire et cristallin très consolidé, contre 2,7 pour les autres sols de la Drus et de la Yosemite, qui sont composés de granite. La densité des blocs a elle aussi été prise en compte, elle est de 7,850 pour le WTC, puisque les débris sont en acier, contre 2,7 pour les éboulements (blocs de granite).

Les caractéristiques physiques de l’effondrement du WTC sont aussi très comparables à une chute de blocs rocheux. Le WTC, en arrivant au sol, était plus compact que ce que veut nous faire croire A.R., puisque pendant la chute, il y a eu un ralentissement de 30 pour cent, ce qui conduit les étages à former un empilement de débris « ramassés ». Les étages se sont impactés les uns dans les autres en chassant l’air à l’intérieur du bâtiment par des éjections latérales, comme le montrent les vidéos : l’air sous pression n’avait qu’une seule issue, s’échapper par les vitres, qui offraient moins de résistance que les étages. Pour reprendre les termes de FHC, le WTC était, en arrivant au sol, une véritable pile compacte de débris qui a impacté le sol en quelques secondes. Un éboulement est une chute de fragments rocheux : dans certaines études de prévention des risques naturels, les auteurs font exploser la roche pour créer un éboulement, et mesurent les signaux sismiques correspondants. Sur certaines images de ces éboulements, on peut voir de la fumée et de la poussière avant/pendant l’éboulement, ce qui prouve que les blocs rocheux sont très fragmentés.

Les éboulements considérés, de la Drus et de la Yosemite, sont intéressants parce qu’ils sont similaires au WTC en termes de masse et d’énergie potentielle. Cela constitue donc un ensemble d’éléments qui permettent de dire avec certitude que si des ondes sismiques à longue distance sont détectées pour ces éboulements, alors pour des paramètres semblables, le WTC créera aussi le même genre d’ondes sismiques.

Un faisceau de probabilités se dessine autour de cette comparaison :
on retrouve la même fréquence charnière de 1 Hz, des basses fréquences inférieures à 10 Hz, des trains d’ondes analogues de type« faibles ondes P - ondes de Rayleigh fortes et abondantes. », la même allure hétérogène des spectrogrammes, qui est la caractéristique d’une énergie libérée de manière chaotique, cohérente avec un impact de blocs rocheux sur le sol.

Plus le volume total des débris sera grand, et plus la durée du signal sismique sera longue pour des paramètres semblables (vitesses des ondes, densité des terrains, et distance à l’épicentre comparables). Pour des volumes de débris proches, c’est-à-dire de 12 739 m^(3) pour le WTC et de 14 000 m^(3) pour la Drus RockFall, on retrouve à 30 km de l’épicentre des signaux sismiques de durée comparable sur les sismogrammes : 35 secondes sur les relevés du WTC, et moins pour les signaux de la Drus (28 secondes environ, c’est difficile à estimer, surtout que le signal semble se poursuivre au-delà dans les deux cas).

De plus, dans le cas du WTC, on a des paramètres qui favorisent un meilleur rendement sismique, notamment la densité de l’acier qui est supérieure (plus faible dissipation d’énergie dans la fracturation que le granite), et une surface de réception qui est horizontale, ce qui limite encore la dissipation d’énergie. Encore une fois, l’hypothèse est cohérente avec les faits, puisque le rendement sismique du WTC 1 est de 1,25*10^(-3), ce qui est supérieur au rendement des autres éboulements (mis à part l’événement R10).

En ce qui concerne le WTC 2, le haut de la tour s’est incliné pendant l’effondrement. Sa trajectoire de chute n’étant pas parfaitement verticale, les débris ont dû impacter le sol en biais, donc l’étalement des débris était plus grand et moins d’énergie a été induite dans le sol que dans le cas du WTC 1, lequel a suivi une trajectoire parfaitement verticale. C’est pour cette raison que le rendement sismique du WTC 2 est plus faible : de 4,45*10^(-4), en ne prenant que 100 000 tonnes d’acier.

Le cas du WTC comporte donc des paramètres qui favorisent un meilleur rendement sismique (surface de réception horizontale, densité des blocs plus grande), mais aussi des paramètres qui tendent à réduire ce même rendement, notamment le fait que la vitesse de chute soit plus faible que celle de la Yosemite RockFall (45 m/s contre 117 m/s) ce qui implique nécessairement que la durée d’impact est plus longue dans le cas du WTC, et donc la contrainte est plus faible. C’est pour cela qu’à mon avis, à la louche, le rendement du WTC ne devait être supérieur à celui de la Yosemite que d’un ordre de grandeur au maximum. Pour le WTC, les blocs se fracturent moins vite (densité de 7,85 contre 2,7 pour la Yosemite), mais d’un autre côté, la contrainte est moins grande.

Pour résoudre le problème, il faudrait connaître la durée exacte de contact entre les blocs et le sol, mais cette donnée n’est connue qu’expérimentalement. Je pense aussi qu’entre une pente inclinée de 35 degrés et l’horizontale, la différence de rendement sismique ne sera que d’un ordre de grandeur, parce que la relation qui lie l’inclinaison de la pente au rendement est davantage exponentielle que linéaire. Un impact de vitesse supérieure à 100 m/s n’est pas gouverné par les mêmes lois qu’un impact de vitesse plus faible, et il se peut que la durée de contact soit significativement réduite (peut-être d’un facteur plus grand que 2,6).

Tout cela est très spéculatif, mais de toute façon le rendement sismique du WTC est comparable à celui des éboulements. Il ne pourra jamais dépasser 6 millièmes, qui est le rendement d’un tir de calibration d’explosifs en milieu confiné de grande profondeur. Donc finalement, l’impact des blocs du WTC sur le sol a créé des signaux sismiques d’intensité prévisible, qui ne sont pas surprenants.


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