Ce sont, bien sûr, des chiffres approximatifs car nombre de ces migrants ont dû traverser plusieurs pays avant de s’arrêter en France - et l’origine exacte de certains d’entre eux n’est pas toujours bien définie.
une première constatation : le flot des Juifs immigrés des années 1920 a submergés les Juifs Français qui, au sein de la communauté juive de Paris, représentaient 90% de l’effectif en 1880.
Selon Roblin, les Juifs Français ne sont plus que 15% de l’ensemble en 1940.
Weinberg, plus précautionneux, estime qu’ils représentent 30% en 1939.
Dans tous les cas, le nombre de Juifs Français a relativement diminué.
à Paris :
60% des Juifs étrangers sont des ouvriers dans le secteur de l’artisanat et industriel mais 80% d’entre eux (soit 50000) sont des ouvriers à domicile ou en petits ateliers (confection, maroquinerie) ; parmi ces ouvriers, 10000 d’entre eux travaillant pour les petits patrons sont férocement exploités.
A la différence d’origine s’ajoutait également la différence sociale !
réf.
David Weinberg, Les Juifs à Paris de 1933 à1939 éd. Calmann-Lévy
Michel Roblin, Les Juifs de Paris (Picard et Compagnie 1952)
Rabi, Anatomie du judaïsme français, éditions de Minuit
Bernhard Blumenerantz, Histoire des Juifs de France (Toulouse Privat, 1962)