La question éthique, qui mérite d’être posée, est la suivante : face à un adversaire qui ignore ostensiblement les lois de la guerre et pratique la « guerre sauvage », ne faisant aucune distinction entre combattants et civils, une armée régulière peut-elle, doit-elle être impeccable ? Sachant que sur le terrain cela dépend le plus souvent du charisme et de l’autorité des officiers subalternes.
Dans une guerre de guérilla, comment faire la distinction entre combattants et civils ? Où s’arrête l’interrogatoire musclé, où commence la torture ? Et puis comment gérer le ressentiment légitime des soldats confrontés à des atrocités (ou inversement, devant des atrocités commises par une armée). A titre d’exemple, mon beau-père, ancien capitaine dans l’Armée U.S. me racontait comment, à la suite des exécutions de prisonniers par les SS durant la compagne des Ardennes, la consigne était de fusiller tous les SS, séance tenante.