Il y a de bonnes et il y a de mauvaises équipes de football.
On peut chercher des symbolismes à la vue du
comportement de l’équipe de France ou on peut simplifier en voyant juste des
conflits entre les hommes, qui touchent cette fois-ci, un symbole du sport
hexagonal. Je suis pour cette deuxième version. Les symbolismes de chaque
équipe changent selon les résultats de ces dernières. La main de Henry contre
l’Irlande peut être interprété comme un geste scandaleux, la main de Maradonna
en 86 contre l’Angleterre, ou la main de Luis Fabiano contre la Côte d’Ivoire,
comme des « mano de dios »… Le symbolisme vient après.
Je ne crois pas que l’équipe de France (ou
n’importe quelle équipe sportive exceptée dans le cas de matchs truqués),
rentre sur la pelouse, en se disant qu’elle va dégoûter les supporters et les
spectateurs.
Dans une période de calme politique, social et
financier, ces comportements n’auraient pas eu le même impact.
Une équipe ne devient une équipe que si les
individualités la composant s’harmonisent. Ce n’est pas le cas de l’actuelle
équipe de France. Pour quelles raisons ? Manque de vision de la fédération,
manque de vision du sélectionneur, manque de concordance entre les
personnalités formant l’équipe, la pression médiatique, les scandales
individuels, etc… N’oublions pas que ces joueurs sont des « gamins ».
Des « gamins » riches, venus pour certains des milieux défavorisés,
mais des « gamins » bon sang. Un gamin a besoin dans certaines
situations qu’on lui montre le chemin, qu’on le conseille, qu’on le guide, une
sorte de figure paternelle. Il n’y en a point.
Je veux bien que ce soient des enfants gâtés.
Et alors ? Est-ce leurs fautes ? Vous prenez n’importe quel gamin, venu d’un
milieu social défavorisé (ou non), vous lui donnez plein de fric, vous lui
faites des compliments sur ces résultats individuels, et vous lui demandez
qu’il change du jour au lendemain en un parangon de vertu patriotique parce
qu’il sait jouer à la baballe et qu’il gagne bien sa vie ? Où est le temps pour
la culture, pour la fabrication du soi…
Ils gagnent 100-1000 fois le SMIC. Sont-ils
allés, arme à la main, mettre le couteau sous la gorge des directeurs
financiers de leurs clubs respectifs, pour demander de telles rénumérations ?
Est-ce leur faute ?
Non, M Dugué, il n’y a pas de métaphysique à
tirer d’une coupe de monde de football (ou alors pour les politiciens
seulement). Il n’y a que le hasard (existence ou non d’un nombre suffisant de
joueurs de talents), le déterminisme (le parcours social, professionnel et
autres des acteurs en question, la nature, le vouloir et les buts de la
fédération en charge de la sélection) et les quelques choix qu’on puisse faire
(sélectionneur de talent avec une personnalité pouvant servir de
« père » de substitution temporaire aux gamins de l’équipe, les choix
tactiques vu les compétences et la personnalité des joueurs à telle ou telle
poste etc…).
Cette équipe de France est une catastrophe
humaine. Soit.
Est-ce la faute aux joueurs ? En partie.
Est-ce la faute au sélectionneur ? En partie.
Est-ce la faute à la fédération ? En partie.
Est-ce la faute à la société ? En partie.
Est-ce la faute au traitement médiatique ? En
partie.
Est-ce la faute au hasard ? En partie.
En lisant les commentaires des divers posts
sur tous les articles évoquant le parcours de l’équipe de France, je ne peux
qu’être attristé de voir, le jugement parfois d’adultes sur des gamins. J’ai
l’impression profonde qu’on juge a posteriori, que tout a été fait,
délibérément, comme un complot éthno-religio-politico-sportif afin d’énerver le
bon peuple de France et de les dégoûter de leur équipe. Je suis sidéré, de voir
que pour certains, seule la religion ou les origines ethniques ou les origines
sociales ou je ne sais quoi encore est à l’origine de tous les maux de l’équipe
de France.
Des gamins, juste des gamins, sans direction,
sans guide. Des gamins qui vont être harcelés de façon continue dans les mois
(voire les années) qui viennent, par le flot des paroles haineux des uns et des
autres. Des gamins richissimes certes, mais des gamins tout de même.