La vérité des propos n’est pas plus le critère du droit à la
parole que l’innocence du mis en examen n’est le critère du droit à
l’avocat et à un jugement en contradictoire. On n’invoque jamais
l’horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et
le droit à un procès en bonne et due forme ; mais dans le domaine
politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés
« inacceptables » par une petite caste associativo-médiatique pour que
toute argumentation soit abandonnée, exclue des grands médias, avec de
bruyants concerts d’indignation.