Je ne partage que très partiellement l’avis del’auteur.
Le rôle d’un journaliste politique est d’être impertinent, de provoquer ce que sont les politiques, des professionnels de la langue de bois, afin d’obtenir des réponses plus spontanées, dela même façon que l’irrévérence est essentielle chez les humoristes. Tant que cela demeure dans certaines limites de politesse, cela ne me semble pas choquant. En l’occurence, Demorand se place ici dans une posture assez provoquante afin de déstabiliser le tribun qu’est naturellement Mélanchon, et qui utilise lui-même souvent des paroles provoquantes voire insultante à l’égard des journalistes.
Là où l’auteur a en revanche raison, c’est dans la différence marquante de déférence envers les invités de beaucoup de ces journalistes, même si c’est beaucoup plus marqué à la télévision qu’à la radio. Sur Demorand en particulier, il faudrait pouvoir comparer avec une interview récente effectuée avec une personnalité clé du gouvernement ou un grand leader du PS pour juger. En général Bourdin ou Aphatie ont une attitude assez homogène envers leurs invités politiques, ce qui est loin d’être le cas des « journalistes » de télé.
Que Mélanchon ici, comme Bayrou récemment sur Canal+, se fasse un peu bouger ne me choque donc pas ; ce qui est condamnable est la différence de traitement envers les puissants.