Que peuvent faire les autorités pour prévenir le risque de contamination ?
Une
partie de la population a été évacuée, une autre est confinée à
domicile, on a distribué de l’iode stable à une partie de la population
et on pourrait étendre cette distribution à une population toujours plus
grande, jusqu’à des millions de personnes. Cela a été fait en Pologne
après Tchernobyl : la distribution d’iode à dix millions de personnes a
réduit considérablement le nombre de cancers de la thyroïde dans ce pays
et a été très bien tolérée, en particulier par les enfants.
Le
professeur Keith Baverstock, qui travaillait à l’Organisation mondiale
de la santé et a suivi Tchernobyl, avait préconisé de distribuer
d’avance des comprimés d’iode stable, dans un rayon de 500 km autour des
centrales atomiques. C’est aussi stable que le sel de cuisine, ça se
conserverait pendant 20 ans et en cas d’accident, ce comprimé de 100 mg
serait utile. Mais Keith Baverstock a été gravement puni et sa
recommandation n’a pas été suivie : la distribution s’est faite dans un
rayon de 5 km seulement, puis 10 km. Personne n’a le droit de considérer
le nucléaire comme dangereux et le fait de recevoir des médicaments par
avance sous-entendrait que le danger existe. Cela aurait un impact
psychologique très négatif sur la population.
Interview de Michel Fernex ,Professeur honoraire de la Faculté de médecine de Bâle.