bonjour l’auteur,
Il y a deux écueils à éviter lorsque l’on parle de la prostitution. c’est de trop la stigmatiser, ou de trop la magnifier. On voit fleurir d’ailleurs chez les libéraux de tout poil des articles dans votre genre, qui tente de rendre la prostitution poétique, pour en conclure que ces dames ont bien raison de faire ce qu’elles font et que on doit vite rouvrir les bouclards.
C’est oublier un peu vite les raisons pour lesquelles ont les as fermé. A ces dames qui pensent que pratiquer leur métier dans une maison leur apportera une meilleure santé, une plus grande indépendance et une bonne couverture sociale et maladie, c’est très exactement le contraire que l’histoire a montré. Au siècle passé les filles entraient souvent au bordel pour régler une dette qui ne faisait en fait que s’aggraver au fur et à mesure qu’elles ouvraient les jambes. Il y avait tout autant de proxénétisme à la différence qu’il était institutionnalisé, et que tout concourait - force de l’ordre et fiscale comprise - à ce qu’une fille rentrée au bordel n’en ressorte jamais. En effet, une prostitué dans une maison close se devait d’être fichée « pour raison sanitaire » - ben voyons. Et si elle souhaite en sortir - se faire « déficher », l’état ultralibéral d’alors se faisait un plaisir de lui réclamer une invraisemblable quantité d’impôts, dans le but de l’enfoncer dans l’exploitation dont elle veut sortir. La réalité de la prostitution au temps des maisons closes, c’est des pauvres filles, souvent de provinces, souvent maltraitées, privés de sorties, volés, obligées d’accepter n’importe quel client et soumises à une moyenne de 40 passes par jour. Se faire sauter 40 fois en 24H, ça rends brève l’explication de texte sur la princesse de clève au client délicat, et ça réduit les rapport sociaux au strict nécessaire à ce métier.
Et je ne parle même pas des maladies qui ont toujours été consubstancielles à la prostitution. Aujourd’hui on meurt du Sida, avant on mourrait aussi très bien de syphilis.
Vous trouverez certes des femmes totalement heureuses et épanouies d’avoir une clientèle que peut-être elle vont choisir, et qui auront la sensation de jouer un important rôle social, mais ça ne fait hélas pas la majorité du genre. Les putes que l’on trouve, c’est le plus souvent la femme battue, forcé à faire le trottoir par tous temps par son mari trop fainéant pour bosser, qui a chopé le sida et qui est accro à la drogue.
La raison de la création des bouclards, c’est justement de soutirer à la vue des « gens bien » toute l’horreur quotidienne qui accompagne inévitablement le marché du sexe. C’est donc le paradoxe succulent : on les a juste fait pour cacher la merde, la pédophilie, tout ce que cette belle société ne pouvait pas faire en public au vu et au su de tout le monde, mais voulait néanmoins continuer à faire à l’abri d’une maison que l’on aurait close, pour cacher ce qui se passe à l’intérieur.
Un bordel ne règle en aucune manière les problèmes, au contraire il les aggrave tout en organisant sa dissimulation. Demander leur réouverture est proprement affligeant.
quand à la « poésie » du métier de pute, laissez-moi vous dire qu’elle pue la mort et sent bien la merde.