Petit rappel historique.
En février, après avoir dû endurer 40 années
de dictature, les Libyens, encouragés par les manifestants tunisiens et
égyptiens, avaient à leur tour décidé de revendiquer l’instauration de
la démocratie. Pacifiques, les manifestations avaient été écrasées dans
une furie sanguinaire, poussant les plus déterminés des manifestants à
prendre les armes et à résister aux forces d’un régime qui promettait de
se défendre « jusqu’au dernier homme et jusqu’à la dernière femme », de
« débusquer les rats, quartier après quartier, ruelle après ruelle,
maison après maison et de « faire couler des fleuves de sang ».
Lorsqu’en mars, les villes insurgées ont commencé à être reprises les
unes après les autres et que les massacres promis étaient en cours, le
Conseil de Sécurité de l’ONU a voté la résolution 1973 instaurant des
zones d’exclusion aérienne et autorisant les États membres à recourir à
la force pour protéger les civils libyens.