@ frederic KH
Ah c’est beau de s’absenter « un certain temps » comme vous dites (peut-être à l’occasion de vos vacances mais je ne veux présumer de rien), et de revenir pour replonger en un quart de tour, la tête en avant et à pieds joints, dans l’indignation la plus forcenée et la plus gratuite. Quel confort ! Pas la peine de réfléchir, il faut crier haut et fort sa révolte et son écœurement, avant d’aller se taper un bon gueuleton au resto du coin. C’est une profession.
Bien sûr, il vaut mieux laisser les trois quarts de l’humanité dans l’ignorance la plus crasse. Vous, vous avez la connaissance et le sens des valeurs. Les autres, qu’ils restent bien dans les cases que votre conscience leur a assignées. Les bons d’un côté, et les méchants de l’autre. Et vous, tout là-haut, près du juge suprême.
Pourtant, la raison n’est la propriété ni du plus fort, ni du plus faible. Elle est toujours ailleurs. Quelque part du côté de l’intelligence, de la reflexion, de la remise en question de toute certitude.
Pourquoi des indignations aussi sectorielles ? Rien de ce qui se passe au Darfour, en Somalie, en Colombie, en Haïti, au sud Kivu, en Irak bien sûr, ou en Indonésie ne vous touche donc ? Il n’y a que le conflit du Liban qui est digne de vous émouvoir ?
Ne vous privez pas de me traiter de raciste, d’islamophobe, et de tous les noms d’oiseaux dont vous voudrez bien me parer. Ça ne pourra que me conforter dans l’envie qui me ronge de plus en plus de mettre le doigt là où ça fait le plus mal.
Mais un doute me ronge. L’ignorance est-elle sensible à la douleur ?
Patrick Adam