Bonjour Goc,
oui, et celà rappelle aussi les conditions d’embauches des ramasseurs de latex dans les plantations d’hévéa au Brésil naguère (et peut-être encore aujourd’hui) :
vous aviez des rabatteurs qui parcouraient les régions déshéritées en promettant du travail, et monts et merveilles, aux manoeuvres les plus pauvres ; tout était offert, et les frais du voyage vers les plantations avancés par le futur patron :
c’était le début de la dette, que le cueilleur devait rembourser par son travail, avant de faire fortune !
Sur la plantation, le système était simple : le ramasseur était payé à la pièce, au poids de latex ramassé ; il n’était pas salarié, mais « à son compte », en quelque sorte ; tout son approvisionnement, nourriture, habits, alcools,médicaments, etc, était acheté, d’abord à crédit, au magasin de la plantation ; celle-ci était tellement immense et située dans des zones reculées, qu’il était impossible de s’adresser ailleurs, et chaque cueilleur avait donc son compte dans ce magasin, crédité par ses « gains ».
Et c’est ainsi que, bizarrement, mystérieusement, la consommation de ces pauvres gens dépassait toujours leurs revenus, et donc que, loin de s’enrichir, il s’endettaient toujours plus, à perpétuité...
Celà accompagné, bien sûr, d’une culpabilisation permanente vis à vis du patron tellement généreux, et d’un service d’ordre plus que musclé.
Et voilà comment, astucieusement, on rétablit l’esclavage...
Cordialement Thierry