Il était déjà nuit. Je devais tirer un peu de liquide de mon maigre compte bancaire d’étudiant afin de faire des courses assez légères.
Je m’arrêta au premier guichet automatique qui était sur mon chemin. Une bonne petite jeune dame m’y devançait, tapotant déjà sur l’écran.
Je pris le soin de garder une distance fort convenable derrière elle, pour ne pas l’éffaroucher ; l’heure n’était pas si tardive, mais en hiver la pénombre tombe vite, et les passants se font vite assez rares ; je n’ai pas une tête de gremlins, mais avec la pénombre, qui sait ! (on me prend souvent pour un libanais quand on me sait arabe, même si je ne suis pas brun)
Quand la dame disposa, je me présenta à mon tour au guichet, et inséra ma carte.
Mais qu’a-t-elle cette satanée carte ? Elle ne veut pas rentrer dans la fente !
Oups, que vois-je à l’écran ? 
J’ai pas encore ma carte dans la machine, et l’écran m’affiche :
Quelle somme voulez-vous retirer : 20€, 50€, 100€, 200€, 500€, 1000€, 2000€, autre... ? 
L’évidence me tomba sous les yeux : la dame qui me précéda paniqua - en me voyant derrière elle - au point de laisser sa carte bancaire dans la machine une fois effectuant son opération.
Sans hésitation, je dis (non) merci à la machine, retira la carte de la dame, et fonça en courrant vers la direction qu’elle avait prise.
La bonne dame avait déjà fait les 100 mètres. Sacrée adrénaline. 
« Tenez Madame, vous aviez laissé votre carte dans la machine ». 
Sans laisser à la dame le temps de comprendre quoi que ce soit j’avais déjà tourné les talents directement après lui avoir glissé la carte dans sa main.
Ce n’est que 20 mètres plus loin que je l’entendis me crier : meeeeerci beauuuuucouuup jeune homme.
Elle venait enfin de comprendre sa double erreur. 