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armand 17 juin 2007 18:08
armand

Les jeunes ont de tout temps testé les limites - c’est même tout à fait sain et nécessaire au développement personnel. Et parfois les transgressions deviennent un ferment qui permet de faire bouger la société. Moi aussi, quand j’étais enfant je trafiquais, je lançais des pierres sur des voitures, je me bagarrais, je renversais des petites filles à vélo car je ne savais pas encore qu’il était plus agréable de les trousser, mes copains pissaient dans toutes les boîtes à lettres de mon immeuble quand ils ne me trouvaient pas chez moi. Mais je savais que c’était mal, et que se je me faisais prendre j’aurais contre moi une structure pyramidale qui commençait, à la base, par mes parents, mes voisins, mes enseignants, épaulés s’il le fallait par la police, les éducateurs des centre fermés, et ainsi de suite.

A l’heure actuelle les familles défendent mordicus leur sale rejeton contre toute réflexion des voisins, pleurnichent en masse devant le commissariat en cas de ’bavure’ alors qu’ils ne bronchaient pas quand leur moutard volait des voitures. Et s’est généralisée à l’extrême une sous-culture glorifiant par la musique et le cinéma le prédateur qui prend ce qu’il veut, quand il veut, en bousillant tout ce qui s’oppose à lui.

Un sondage récent chez les jeunes mâles américains, qui portait sur les nouvelles séries télévisées mettant en scène des héros moralement ambigus a révélé qu’à leurs yeux même un assassin était désormais susceptible d’éveiller identification et sympathie. Et qu’assassiner exceptionnellement sur le coup d’une grosse colère n’était pas en soi redhibitoire.

C’est à la lumière de ce glissement que me paraît grave le nombre sans cesse croissant de très jeunes qui, sondage à l’appui, estiment désormais qu’il n’y a rien de repréhensible à violer la loi.



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