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armand 26 juin 2007 22:56
armand

@mcm

Je dirais plutôt que les garçons sont à la recherche d’un chef, ou d’un animateur, ou mieux encore d’une image paternelle idéalisée. Chez les filles c’est plus discret, sauf dans les cas de véritables sectes, où l’emprise du gourou, moyennant la séduction, s’exercera tout autant, voire plus, sur les femmes.

Plus généralement nous ne savons pas gérer le rapport à la violence. On en arrive à une césure complète entre une culture violente, machiste, propre aux quartiers pauvres, où la prouesse physique est érigée en valeur suprême, et les milieux favorisés, où les hommes sont soumis à une dévirilisation extrême, et la violence, même saine, est étouffée. Il est évident que ce sont les critères des quartiers favorisés qui conditionnent l’accès au monde du travail, et non le sens de la répartie cinglante ou l’habileté aux poings (sauf si on veut être boxeur...). Et ce, bien que la culture de masse qui sature les médias reflète surtout ces valeurs plus plébéiennes. J’ai lu un article fascinant sur la manière dont les jeunes hommes afro-américains atténuent au maximum les attitudes ’viriles’ et en rajoutent dans l’élégance classique et la politesse ampoulée dans les milieux des affaires, pour casser l’image de gangsta-rappeur qui leur colle littéralement à la peau. Cette césure n’est pas saine, bien évidemment. Mais dans les deux sens aussi. Je trouve mes jeunes collègues hommes très asexués dans leurs attitudes,manquant souvent de la vieille galanterie française. Et le jour où un collègue m’a fait une crasse impardonnable et que je lui ai proposé, devant une salle pleine, de sortir s’expliquer, j’ai dû passer pour une brute épaisse.

Pour finir, j’avais suggéré un parallèle fascinant entre les « jeunes-de-banlieue » actuels et les jeunes Irlandais de la deuxième génération à Chicago dans les années ’20 : culte de la bagarre, refus de se couler dans une vie rangée comme leurs parents, effets destructeurs de l’alcool frelaté, tournantes, stéréotypes raciaux brandis contre toutes les autres communautés, en même temps attachement à la pureté d’un mariage avec une ’fille bien’. Et j’en passe. Pour ceux qui lisent l’anglais (la traduction est introuvable) c’est le roman ’Studs Lonigan’ de James Farrell.

Alors la question s’impose : ces ressemblances sont-elles le résultat de la simple déchéance sociale et de la pauvreté ? Ou bien pourrait-on comparer l’influence de l’église catholique à celle de l’Islam, dans les deux cas, vécue plus comme une morale, une série d’attitudes convenues, et un ciment d’identité. OU bien les deux ?



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