En l’espèce, la voix référendaire pour la ratification du Traité constitutionnel est bien moins discutable, que celle d’avoir laissé le scrutin se tenir dans le contexte politique de l’époque. Il n’a aucunement permis une véritable réflexion sur le projet soumis à référendum, mais a plutôt été l’expression d’un vote sanction à l’encontre d’un exécutif en perte de vitesse dont il n’a, à mon sens, aucunement tiré les conséquences nécessaires et surtout voulues par l’esprit de la Vème. Or, dans un cas comme dans l’autre, ce type de décisions appartient au Monarque absolu républicain françois, nonobstant les multiples consultations et avis.
En outre, se perdre en conjectures à propos des responsabilités évidemment partagées des acteurs relevant de la simagrée de politique franco-française, témoigne d’un militantisme peut-être louable, mais qui ne semble pas de nature à contribuer à un développement constructif tant les débats européens, vu leur durée et implications sur le long terme, se devraient d’être au-delà des clivages politiques nationaux, ce qui est impossible en France où compromis est synonyme de compromission.
J’abonderais dans le sens des propos de non666 pour ce qui de l’idée de recueillir opinions, idées et orientations du peuple en principe souverain à propos du projet européen, pourvu qu’elle soit mise en œuvre préalablement à tout processus de réforme d’envergure et qu’elle soit surtout dénuée de considération politiques nationales.
Est-ce toutefois possible ?
Rien n’est moins sûr. Gageons sans grands risques que les avis recueillis témoigneraient d’un clivage encore plus grand, pour ne pas dire un gouffre, entre les citoyens et leurs gouvernements. Est-il dès lors surprenant de les voir déployer tous les efforts possibles pour faire taire et pervertir la vox populi dans ce Congrès de Vienne permanent que sont les réunions du Conseil ?
Enfin, les scrutins visant à l’élection des députés européens, représentation démocratique directe des peuples européens, sont traditionnellement boudés ou ravalées à de simples baromètres nationaux, peut-être en raison de l’absence de partis européens transnationaux susceptibles de forger et présenter un projet. De nouveau, à qui la faute ?