Ah diantre, revoilà l’eschatologie omniprésente du nationalisme tournée à toutes les sauces et thématiques pour déboucher sur un syncrétisme douteux brandissant terreurs sociales et paupérisations à venir.
Quelques remarques en se gardant bien d’entrer dans un débat trop technique mais en restant factuel toutefois, en m’excusant des dérives démagogiques parfois inévitables que certaines assertions ne me permettent pas toujours de réprimer comme il se devrait :
« Les nouvelles orientations de la PAC ont pour finalité l’euthanasie des paysans français ».
1°) Vous plairait-il de développer et d’étayer cette affirmation ou doit-on en conclure que la politique voulue par M. de Gaulle n’avait pour seul dessein que d’affamer ses paysans et ouvrir le marché aux puissances agro-alimentaires d’outre-atlantique ou je ne sais quelle conspiration mondiale au mépris même de l’indépendance de Sa nation qu’il chérissait tant ?
Dans cette hypothèse douteuse, elle aurait eu pour corollaire la dislocation de certaines identités régionales qui en bénéficient toujours pour se maintenir dans leurs régions et ne sont donc pas contraintes à l’exode rural ou la reconversion, un des facteur de la disparition des « ethnies » régionales.
Enfin, l’union a bon dos en effet, même si elle reverse gracieusement 40% de l’aide alimentaire attribuée au « Resto du cœur » au titre de l’Aide aux plus démunies intégrée dans la grande méchante PAC qui met tout le monde sur la paille.
2°) La monnaie unique a été créée d’un commun accord (curieux ?) pour consolider la puissance économique et financière européenne vis-à-vis de l’omnipotence du dollar dont l’Europe et d’autres souffraient. Est-il dès lors curieux de constater les écarts et variations que vous citez ? Ils relèvent d’une logique boursière qui précédait la création de l’euro et lui survivrait s’il était appelé à disparaître. N’est-il donc plus possible de se souvenir de la polémique à propos du (pétro) dollar fort ?
3°) AELE, l’EEE, l’ALENA, le MERCOSUR, l’ASEAN, etc., sont des unions douanières (relatives) : Tout à fait, peut être ne l’ai-je pas exprimé assez clairement. Il en était de même lors de la création du Marché commun qui a choisi une voie originale d’intégration -sectorielle—, parfois même à l’initiative de la France. Néanmoins, le drapeau de l’Union ne flotte toujours pas sous l’arc de Triomphe, ni ne supplantera le pavillon national, rassurez-vous ! Je forme toutefois de pieux vœux pour qu’il y soit prochainement hissé, à côté du national lors du 14 juillet.
4°) Les politiques sociales et de l’emploi relèvent de la compétence des Etats membres et l’Union n’a qu’un rôle complémentaire de coordination en l’espèce, pour preuve :
Le RMI a été institué début des années 1990 à l’initiative de M. Rocard alors que ses équivalents belges, allemands, luxembourgeois (bien plus généreux au demeurant) ont été mis en place dès les années 1960 et son considérés comme des acquis sociaux incontournables. Point n’est donc besoin de l’action d’une terrible Union fédérale là où seule l’action des Etats est requise ou leur absence, le cas échéant.
Qu’il soit enfin précisé que l’évolution du chômage a été constante depuis les chocs pétroliers des années soixante-dix alors que l’Union n’était que douanière.
De grâce,évitons de tels amalgames fallacieux visant à imputer à l’Union l’inefficacité patente des gouvernements nationaux et plus particulièrement du français, là où ses partenaires s’en tirent d’ailleurs « relativement » mieux. Cherchons-là plutôt dans la sclérose nationaliste d’une classe politique française corporatiste, coupée des réalités, incapable de se réformer face aux enjeux européens et mondiaux, sauf en péroraisons démagogiques diverses et drapées des oripeaux d’UBU roi, un domaine où elle excelle en effet, je n’en disconviens pas. A quand une nouvelle Place de Grève pour les tenants de ce nouvel ancien régime, paradoxe toutefois : les émigrés bénéficieront du principe de la libre circulation des personnes selon Schengen !
5°) Une nation, c’est un peuple, des frontières, un Etat, une monnaie, des lois.... Oui, il en était ainsi selon les canons du droit national public, formée depuis les Traités de Westphalie en passant par l’Europe post-napoléonienne et son Congrès de Vienne.
Depuis le TUE (Maastricht) et son entrée en vigueur en novembre 1993, la nation a VOLONTAIREMENT abandonné certaines compétences régaliennes, la monétaire principalement, en partant du constat pragmatique qu’il était plus simple de mettre certaines compétences en commun pour faire face aux défis mondiaux. Le concept de nation n’a pourtant pas été remis en cause, elle en a conservé toutefois d’autres, fiscalité, politique sociale, emploi, défense etc. A souhaiter qu’un tel processus se développe et s’étende, toujours dans la concertation et la négociation pour éviter de tomber dans le piège du nationalisme comme seule ligne Maginot franco-française à la mondialisation : un marché de dupes, sauf à retomber dans des travers dont les résultats sanglants ont pu être observés tout au long du XXème siècle.
Finalement, mes remerciements au « furtif » pour ce lien intéressant qui m’invite à reproduire ci-après un extrait qui illustre parfaitement la nature d’une certaine allégeance :
(...) un véritable homme d’Etat, finalement plus soucieux de l’intérêt à long terme de son pays que du service des maîtres du moment.
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